Le 3 avril 2020, des chercheurs ont publié leur étude réalisée chez Microsoft en collaboration avec l’Université d’État de l’Arizona. Le modèle d’intelligence artificielle développé par les scientifiques se fie, en partie, à l’engagement d’une publication sur les réseaux sociaux. Microsoft estime que cette IA surpasse un grand nombre de modèles de pointe dans la détection des fausses nouvelles.

Une IA capable de repérer les signaux faibles

Les fake news, ou fausses nouvelles, sont partout. Même en pleine crise sanitaire, vous avez de grandes chances d’en voir passer. Malgré les efforts de Facebook et Twitter (entre autres) pour lutter contre la désinformation, les remèdes miracles et les théories du complot continuent de pleuvoir sur le net. Une enquête réalisée avant la crise du Covid-19, en 2018, par le Brookings Institute révélait que 57% des américains avaient vu des fausses nouvelles à l’occasion des élections de mi-mandat. Plus inquiétant : 19% d’entre eux pensent que cela a même influencé leur vote.

Les modèles d’intelligence artificielle classiques mettent du temps à détecter les signaux faibles, comme des faux commentaires. Certaines fausses nouvelles peuvent ne pas être détectées avant plusieurs heures, voire plusieurs jours. Ce qui rend évidemment leur impact beaucoup plus fort. D’autres intelligences artificielles peuvent se laisser influencer en se fiant uniquement à de faux commentaires, parfois publiés par des faux profils. C’est justement à ce niveau là que l’IA de Microsoft pourrait faire la différence.

La chasse aux fausses nouvelles

Grâce à un module appelé label weighting network (LWN), l’IA de Microsoft est capable de modéliser les différentes étiquettes qui régulent le processus d’apprentissage. Plusieurs tests ont été effectués et les chercheurs affirment que leur modèle a pu détecter avec précision les fausses nouvelles dans GossipCop et PolitiFact dans 80% et 82% des cas. Les modèles actuels tournent plutôt autour de 73%. Microsoft a exploité l’ensemble de données open source FakeNewsNet pour tester son système.

Les réseaux sociaux tentent à tout prix de limiter la propagation des fake news. Dans le courant de l’été 2019, Instagram annonçait qu’une fonctionnalité était enfin disponible pour signaler une fausse nouvelle. De son côté, Facebook a récemment lancé avec Reuters un outil pour repérer les deepfakes, ces vidéos conçues grâce à une technique d’intelligence artificielle qui consiste à superposer des images et des vidéos existantes sur d’autres images et/ou vidéos pour faire dire ce qu’on veut à n’importe qui.