Depuis le début du confinement, le constat est le même pour tous les services de VTC ou de trottinettes en libre-service : le secteur de la mobilité est touché de plein fouet par cette crise sanitaire. Aucun des acteurs du marché n’a totalement fermé sa plateforme, pourtant ils le savent pertinemment, la crise économique à venir entraînera probablement des faillites.

Les acteurs de la mobilité sont touchés de plein fouet

L’équilibre de ce marché était déjà particulièrement fragile. L’ubérisation étant le modèle qui règne en maître absolu sur le marché de la mobilité, l’impact ne peut être que plus violent. L’Usine Digitale a contacté Uber et Kapten qui parlent pour le moment d’une simple « baisse d’activité ».

Le CEO de Heetch semble plus proche de la réalité. Il évoque une chute de 80% de son activité depuis le début du confinement. Malgré tout, Heetch se veut plutôt rassurant et affirme que : « notre levée de fonds de 37,6 millions d’euros réalisée courant 2019 devrait nous permettre de tenir. En revanche, si l’arrêt des activités dure trop longtemps, la situation pourrait s’avérer difficile ».

Certains chauffeurs continuent de travailler. Ils seraient environ 25%. De quoi maintenir à flot certaines de ces entreprises. Oui mais voilà, un problème risque de se poser dans les jours qui arrivent : les travailleurs indépendants de ces plateformes n’ont pas le droit au chômage partiel et se retrouvent donc sans revenus. Certains chauffeurs pourraient bien être obligés reprendre le travail pour gagner de l’argent. Un risque majeur pour leur santé et un moyen probable de favoriser une deuxième vague de contamination.

Le marché doit s’adapter aux évolutions des comportements

Les géants du covoiturage sont dans la même panade. BlaBlaCar, Karos ou encore Klaxit subissent également la crise de plein fouet. Nicolas Brusson, co-fondateur et CEO de BlaBlaCar estime que : « aujourd’hui l’activité est entre 2 à 5% de l’activité normale sur un mois de mars ». Un constat dramatique pour cette entreprise française. Logiquement le nombre d’annonces a baissé en même temps que le nombre de demandes. Pour les plateformes qui proposent des trottinettes ou des vélos en libre-service, le constat est le même : Lime, Bird, ou encore Jump, sont à l’arrêt.

Les acteurs de ce marché ont un défaut : ils ont tendance à brûler beaucoup de cash brûler pour s’implanter rapidement dans les grandes villes du monde et tenter de s’imposer. C’est une stratégie qui peut fonctionner quand l’économie se porte bien, mais là… Au moment du déconfinement, on peut se demander si les usagers délaisseront les services de mobilité partagée par peur d’être en contact avec le virus. Il faudra à ce moment précis observer l’évolution des comportements pour y voir plus clair.

De nombreux secteurs sont touchés. C’est également le cas du e-commerce : contrairement à ce que l’on pourrait penser, 76% des sites ont enregistré un recul des ventes depuis le 15 mars. Malgré une augmentation du trafic Internet de 70% depuis le début du confinement et une surconsommation de la bande passante les e-ommerçants. ne s’en sortent pas. Comme le révèle une étude de McKinsey, me problème est plus profond : les français sont en train de réduire drastiquement leurs dépenses dans quasiment tous les secteurs.