Alors que TikTok continue son ascension fulgurante, des documents récupérés par le média The Intercept mettent à mal la politique de l’application chinoise. Cette dernière aurait ordonné à ses modérateurs de dissimuler le contenu posté par certaines catégories de personnes.

Plusieurs controverses

Il y a quelques jours seulement, TikTok annonçait l’ouverture d’un centre de transparence dans le but de permettre à des experts d’analyser ses pratiques internes. L’application, propriété du géant chinois ByteDance, a en effet créé la controverse à plusieurs reprises. Utilisée en tant qu’outil de propagande par des membres de Daesh, elle a également été accusée de transférer les données privées de ses utilisateurs à des serveurs chinois.

Au mois de septembre dernier, on apprenait par ailleurs que TikTok avait bel et bien censuré certains contenus politiques jugés offensants pour les autorités chinoises, comme les manifestations de la place Tian’anmen ou la persécution du Falun Gong. En espérant rassurer ses utilisateurs, TikTok vient d’ailleurs d’annoncer que ses derniers modérateurs en Chine allaient quitter le pays... mais désormais, de nouveaux documents révèlent que l’application modère de manière particulièrement douteuse le contenu posté par les personnes « pauvres » ou « laides ».

Discrimination envers les seniors, les personnes souffrants de handicap et les personnes démunies

Le but de ces directives est d’empêcher certains posts d’atteindre la page « For You », qui présentent les vidéos virales de l’application à l’ouverture de cette dernière. Afin de rendre les vidéos figurant sur cette fameuse page plus « attractives », il est recommandé de ne pas promouvoir le contenu posté par les utilisateurs possédant un « corps anormal » (comprenez trop gros ou trop mince). Le document s’attaque également aux personnes âgées ou souffrant d’un handicap, puisque les personnes avec « trop de rides », des « problèmes aux yeux » ou encore des « difformités au visage » y sont aussi citées.

L’aspect physique n’est pas l’unique critère pour être censuré. Les personnes se filmant dans un endroit où l’on peut voir des « fissures dans les murs et une décoration vieille et infâme », autrement dit les personnes démunies, sont elles aussi à proscrire.

La réponse de TikTok

Interrogé par The Intercept, le porte-parole de TikTok Josh Gartner a affirmé que ces mesures « ne sont plus en service, et dans certains cas, semblent n’avoir jamais été mises en place ». Il a en outre tenu à préciser que ces directives visaient à empêcher le harcèlement en ligne que ces personnes étaient susceptibles de subir.

On peut toutefois se poser des questions sur cette dernière justification, puisque le terme de harcèlement n’est cité dans aucun des documents. Par ailleurs, des sources ont déclaré à The Intercept que ces politiques étaient encore en vigueur au sein de l’application à la fin 2019… De quoi remettre en doute les récentes explications de TikTok, qui affirmait au mois de septembre dernier que les anciennes directives n’étaient plus au goût du jour.