Une société chinoise spécialisée dans la cybersécurité, baptisée Qihoo 360, accuse la CIA d’avoir mené une campagne massive de piratage contre la Chine pendant plus de 11 ans. Dans un billet de blog publié lundi 2 mars, Qihoo 360 affirme que l’agence de renseignement américaine se serait notamment attaquée à l’industrie aérienne chinoise. Les accusations de l’entreprise reposent sur l’analyse de logiciels d’espionnage dévoilés dans l’affaire WikiLeaks, en 2017.

La CIA aurait piraté Pékin pendant 11 ans

Qihoo 360 a déclaré que : « la CIA a ciblé les secteurs de l’aviation et de l’énergie, les organismes de recherche scientifique, les entreprises Internet et les agences gouvernementales de la Chine pendant près de 11 ans. Nous pensons que le piratage des entreprises aériennes pouvait avoir comme objectif de suivre l’itinéraire des voyages des personnalités importantes du pays ». Plusieurs logiciels malveillants ont été analysés et interceptés dans le cadre des recherches de l’entreprises spécialisée en sécurité numérique.

D’après les accusations portées par Qihoo 360, les opérations de piratage menées par la CIA se seraient déroulées entre les mois de septembre 2008 et de juin 2019, et la plupart des cibles se trouvaient à Pékin, dans le Guangdong, et à Zhejiang. Dans le rapport, on peut lire que : « l’industrie de l’aviation civile était particulièrement visée. Le but de cette campagne était une collecte de renseignements ciblée et à long terme dans le but de suivre l’état des vols mondiaux en temps réel, les informations sur les passagers, le fret commercial et d’autres informations connexes ». 

La Chine passe à l’offensive ?

Et si la tendance s’inversait. D’habitude, nous avons l’occasion de découvrir les accusations d’entreprises américaines contre Pékin. C’est une pratique devenue monnaie courante aux États-Unis. Pourtant il est rare qu’une entreprise chinoise s’attaque directement aux États-Unis, comme le fait Qihoo. Cette accusation contre la CIA sonne comme une revanche pour la Chine qui ne compte pas se laisser faire dans cette « cyber-guerre ».

En effet, le mois dernier la justice américaine inculpait 4 hackers militaires chinois dans le cadre du scandale Equifax. Ces hommes sont tous liés au groupe APT10, un collectif de hackers soutenu par Pékin. Ils sont accusés d’avoir exposé des données personnelles particulièrement sensibles de 147 millions de consommateurs. Neuf chefs d’accusation ont été retenus contre Wu Zhiyong, Wang Qian, Xu Ke et Liu Lei. D’après le ministère de la Justice, ces quatre chinois travaillaient en 2017 pour l’Armée populaire de libération de la Chine.