Depuis 2013, la Journée de la Femme Digitale promeut le rôle des femmes dans les entreprises, principalement dans le monde de l’entrepreneuriat, et le secteur des technologies. Les années passant, l’événement s’est transformé. Il propose désormais un club pour rapprocher les femmes qui réussissent et qui veulent réussir, une certification pour les entreprises qui s’engagent pour la parité femme-homme, un prix avec une bourse pour récompenser les femmes entrepreneures en Afrique et en Europe.

Pour nous présenter tout cela, Delphine Remy-Boutang, fondatrice de la Journée de la Femme Digitale (JFD), a répondu aux questions d’Ambroise Carrière. Elle est notre premier portrait pour Culture Numérique.

Vous pouvez l’écouter ici, mais également sur Apple Podcasts, Spotify, Google Podcasts, et les autres plateformes de diffusion.

Ci-dessous, une transcription de l’épisode.

Ambroise Carrière : Tu es fondatrice de The Bureau, un groupe de communication spécialisé dans la digitalisation des marques. Et tu es à l’origine de la Journée de la Femme Digitale. Qu’on dit plus souvent JFD je crois. Tu t’es donné comme mission de donner une place aux femmes dans le numérique où elles sont sous représentées. Je te propose qu’on commence sans plus attendre cet échange qui, je suis sur, sera très riche.
Delphine, le digital, c’est un secteur qui est plutôt nouveau. Nous, on en parle tous les jours dans Siècle Digital, on a l’impression que c’est une base. Que ça a toujours existé. Et pourtant, ça ne fait que depuis quelques décennies, peut être deux ou trois, que c’est un enjeu économique, en tout cas, ça crée des emplois. Comment ça se fait que tout de suite, ce secteur qui est pourtant nouveau ait calqué les mauvais côtés de notre société et que, par exemple, les femmes, on en parle très peu dans le digital ?

Delphine Remy-Boutang : Alors, on en parle quand même de plus en plus. Et ça, c’est formidable. Mais effectivement, le numérique, c’est dans les années 70, quand il prend ses lettres de noblesse. Tout commence à se numériser. La bourse en particulier. Et là les hommes s’y engouffre pour faire carrière. Dans les années 70, une femme ne faisait pas carrière. Ce n’est pas quelque chose qui se faisait. Donc, il faut juste se souvenir qu’avant les années 70, c’étaient les pionnières.

C’était ces femmes qu’on mettait aux avant-scène de tout ce qui avait à voir avec le numérique qui n’existait pas en tant que tel. C’était les computer-woman. C’est ce fameux film Les Figures de l’ombre, où elles étaient mis dans des endroits pour coder manuellement. C’était dans l’ombre. Et puis c’était beaucoup l’armée qui recrutait les femmes parce qu’elles étaient bonnes à faire du tricot, et bonnes en math. Et donc, les hommes ont pris d’ailleurs beaucoup la gloire de tout le travail qui a été fait par ces femmes de l’ombre.

Et donc, l’idée, c’est de rappeler d’abord que c’était ces femmes, Margaret Hamilton, Katherine Johnson, et toutes ces femmes qui ont fait aujourd’hui ce qu’est le numérique. Et puis rattraper ce retard. Effectivement. Qu’on a perdu. Et on n’arrive pas à le rattraper, voire on stagne, voire on régresse.

AC : Oui, c’est ça. Parce que quand on cite les géants de la tech, qu’on parle par exemple des GAFA Google, Amazon, Facebook, Apple, tout de suite, on pense au nom de leurs fondateurs qui sont soit encore CEO ou pas. Mais on pense à Zuckerberg, on pense à Elon Musk, on pense à Bill Gates, à Larry Page et c’est difficile d’arriver à trouver un nom féminin. Est-ce que tu en as à nous donner, ou au contraire, il en manque ?

DRM : Si on parle des GAFAM, alors on peut parler de Sheryl Sandberg. Facebook ne serait pas devenu ce qu’est Facebook aujourd’hui sans cette femme qui a quand même oeuvré au quotidien et qui a vraiment travaillé pour faire que cette startup devienne un empire.

Melinda Gates aux côtés de Bill Gates. Bien sûr et évidemment, il manque ça. Il manque ces rôle modèles. C’est pour cela que nous, on a créé cet évènement pour créer davantage de rôle modèles, montrer à ces femmes qu’elles peuvent devenir les prochaines championnes du numérique. On en a eu beaucoup de femmes, des championnes qui sont venues parler à la JFD quand elles démarraient. On écrivait leur business model sur le côté d’une table.

Vraiment, c’était. Le démarrage était le balbutiement et on voit comment elles sont devenues aujourd’hui ce qu’elles sont devenues. On a participé à les aider à les rendre visibles parce que je crois qu’on ne peut pas être ce qu’on n’a pas vu. Et plus on verra de femmes qui réussissent dans la tech, et il y en a. Simplement, on sait pas très bien les mettre en avant. Les hommes le font très très bien. Il faut juste qu’on prenne votre exemple là dessus.

AC : Rien n’est définitif, tout se travail, en tout cas. Quand on regarde le film qui retrace la vie de Mark Zuckerberg, The Social Network, on voit clairement que, par exemple, ce Mark Zuckerberg, comme il est présenté dans ce film, il a un problème relationnel avec les femmes. Il pirate le trombinoscope, le Facebook, justement, de son université Harvard, pour faire en sorte de faire un classement. Quelle sera la fille la plus belle, la plus moche pour les embêter. Et quand on prend le global, qu’on de tous ces messieurs qui sont à la tête de ces entreprises, on sent que des fois, c’est proche du geek. Qu’il a un problème, un peu, avec la gente féminine. Ça, c’est un problème aussi. Comment fait pour avancer ?

DRM : Françoise Giroud disait « on n’est pas à armes égales ». Elle disait ça en 70. Je pense que c’est toujours d’actualité. Je pense que c’est effectivement un domaine où les hommes restent encore très dominants. Ont une vision de la femme qui se caractérise uniquement à ce que vous venez dire : le physique. Donc, on n’est pas à armes égales parce que en plus, on n’a pas besoin d’être un geek de 28 ans avec des boutons et des lunettes pour réussir dans la tech. Bien au contraire. Et d’ailleurs, je pense que c’est important de rappeler que tant que les femmes seront sous-représentées, c’est toutes les minorités qui continueront à être sous représentées. Et nous, c’est pour ça aussi qu’on va plus loin cette année pour la 8ème édition et qu’on porte ce thème : Beyond.

C’est pour dire que derrière ça se cachent d’autres messages qui ne sont pas des messages d’inclusion. Et il faut peut être aussi se rappeler quelles sont les valeurs initiales du Web ; de partage, d’intelligence collective, d’ouverture, d’ouverture au monde, de connecter des personnes entre elles pour qu’elles réussissent davantage, etc. Je crois beaucoup à l’optimisme de la volonté donc il faut quand même juste se rappeler que ça existe. Mais les femmes doivent revenir sur le devant de la scène pour remettre en ordre tout ça.

D’ailleurs, le mot ordinateur n’existait pas à l’époque et c’est pour ça qu’on les appelait les computer-lady. Ordinateurs, c’est Dieu mettant de l’ordre. Alors, c’est pas forcément Dieu, mais c’est chacun de nous qui doivent remettre de l’ordre dans ce domaine. Et oui, Mark Zuckerberg, sa carte de visite, où il, mettait « i am CEO bitch », puisqu’il avait quitté sa femme à l’époque. C’est des clins d’oeil, mais je pense qu’on ne parlerait pas autant de ça si c’était une femme.

AC : Toujours ce problème d’appréciation? Si on revient à ton parcours, tu a commencé chez IBM, où tu as passé quand même pas mal d’années. Tu étais intrapreneur là bas, c’est ça ?

DRM : J’ai travaillé 14 ans dans cette belle grande entreprise. J’ai le sang bleu comme on dit. J’étais basé à Londres et j’étais beaucoup aussi au U.S. Et effectivement, j’ai eu plusieurs jobs chez IBM. Et le dernier en date, c’était en 2006, où c’était Social Media et c’était la transformation d’IBM en un social business. Ça peut paraitre étrange, mais en 2006, c’était la naissance de Twitter. Facebook naissait. C’était vraiment les balbutiements des réseaux sociaux tels qu’on les connaissait et IBM, après avoir montré qu’on pouvait acheter sur le Net puisqu’à l’époque, le e-business était encore des choses qui allaient en 2000, démontrer. Car oui, on pouvait acheter des chaussures sur le Net, mais personne n’y croyait en 2000-2001. On a prouvé que c’était possible et on est passé à comment est ce qu’on peut devenir un social business ?

Donc on a mis en place dans le monde des équipes pour transformer IBM en un social business. Montrer l’exemple. C’est vraiment le lead by example qui a été mis en place. On s’est nous chez IBM, transformé en un social business pour ensuite présenter à nos clients comment est ce qu’on pouvait le faire.

AC : Une fois que tu as géré ces missions là, tu as décidé de garder cette âme d’entrepreneur. Mais cette fois ci pour ton compte et tu crées The Bureau à Londres. Et puis, très rapidement ensuite à Paris. Pourquoi cette envie de quitter un grand groupe avec un pouvoir, ou en tout cas une image très forte pour se dire maintenant, je vais faire mon chemin de mon côté ?

DRM : Pour entreprendre, justement. Et je suis rentré en France pour entreprendre, c’est surtout ça. On peut entreprendre en France. On n’est pas obligé de partir de la France pour entreprendre. C’est un beau pays. Il y a plein de plein de choses à faire. L’entrepreneuriat au féminin reste encore minoritaire. 10% de femmes dans les startups tech en France, c’est très peu. Donc j’ai eu envie de rentrer pour entreprendre car on pouvait transformer les entreprises en social business et que le digital, le numérique, devait être une partie prenante de toutes les stratégies de croissance des entreprises. Ensuite, je suis rentrée pour créer cet événement pour créer davantage de role model, et changer la donne de ce qu’on va voir plus tard dans notre futur proche.

AC : Est-ce que tu as eu l’impression de rencontrer des freins ou des problèmes parce que tu étais une femme et que tu entreprenais avec cette expérience de The Bureau ?

DRM : Les freins principaux, c’est l’accès au financement, pour tout le monde, et pour nous inclus. La JFD, c’est plus qu’un événement, c’est un programme, un accélérateur de croissance pour toutes ces startups qu’on soutient, qu’on met en avant autour d’un programme de communication. Puisque notre métier, c’est la com. Et Communiquer, c’est éduquer, et ça fait partie de mettre en avant des femmes pour arriver à changer ce regard qui n’est pas encore habitué à voir des femmes au pouvoir. Et même le pouvoir, les femmes ne sont pas habituées et pourtant, c’est un beau mot. C’est celui qu’on se donne pour changer les choses, pour que celles qui ont réussi aident d’autres femmes qui ont réussi, parce qu’on en a besoin entre femmes de s’entraider, c’est important.

AC : C’est là toute la puissance des mots et de quel sens on donne à ces mots. Comme tu dis, le pouvoir, c’est pas forcément celui qu’on imagine. Surtout si on regarde trop Netflix, House of Cards, etc. Très rapidement, tu décide en 2013 de lancer la Journée de la Femme Digitale dont tu nous a déjà un peu parlé. Est-ce que déjà à ce moment, au moment de son lancement en 2013 tu imaginais que ça allait trouver cette écho, que ça allait trouver cette place dans ce qui se fait déjà comme événement ou en tout cas dans les sujets business ?

DRM : Pas du tout. C’était un évènement qu’on faisait à côté de notre job, au quotidien d’entrepreneurs. Donc pas du tout. C’était une demi-journée, on avait 300 places et on a eu 900 personnes sont venues. Les gens voulaient qu’on continue à travailler sur ces sujets. À l’époque 2013, femmes et numérique, on nous regardait avec de gros yeux. En nous disant, mais qu’est ce que c’est ? Quel est le problème ? On comprend pas.

AC : Il faut remettre en contexte. À ce moment là, il n’avait pas encore les mouvements, Me Too. Il n’y avait pas encore les mouvements dans tous les secteurs qu’on connaît aujourd’hui qui fait qu’il y a une prise de conscience. Donc il y avait encore tout le travail à faire en fait ?

DRM : Bien sûr, mais je crois d’ailleurs qu’on peut dire et qu’on est fier d’avoir participé à ce changement de mentalité. On n’a pas encore participé au changement dans les chiffres, mais ça, ça va venir. Mais oui, on a participé à mettre en avant ces femmes, rôle modèles, qui créent des emplois et il faut quand même les saluer pour ça, et montrer à d’autres femmes qu’elles peuvent ou entreprendre ou intraprendre. Parce qu’on n’est pas tous entrepreneur dans l’âme, ce n’est pas grave. On n’a pas besoin d’être une startuppeuse pour être une héroïne. Chacun, à sa façon, peut changer le monde, peut faire des choses pour apporter un monde meilleur. Après, bien sûr, on fait tous du business et on a tous envie de réussir. Mais on peut aussi réussir pour soi, mais aussi pour les autres. Et ça, c’est important aussi de donner ces valeurs là aux choses.

Et le numérique est un outil formidable pour un monde meilleur. Vraiment. Il n’y a pas que ces choses négatives qui circulent sur la perte d’emplois, non. On va gagner, on va en créer. Et la créativité, enfin, va être au pouvoir. Et ça, c’est important.

AC : Tu es là pour lancer cet événement. Toute une équipe autour de toi. Cet événement il grossit. Quelle chronologie tu peux nous faire de cet événement ? Comment il évolue au fur et à mesure ? Et comment il s’outille pour être encore plus puissant, pour aider les femmes dans le digital ?

DRM : 2013 : première édition. Une demande pour en faire un autre. Une deuxième édition au Palais Brongniart. 2500 personnes sont venues. On en fait une troisième édition. Encore une fois, au Palais Brongniart, on a été obligé de pousser les murs, donc on a changé de lieu pour s’installer au Folies-Bergère. L’idée, c’était qu’à chaque fois, chaque année, on ait un lieu différent pour se réinventer et créer des expériences nouvelles. Chaque année, en revanche, on donne un rendez au travers une étude 2016.

L’étude montre que les femmes ont besoin de réseauter, de networker, parce qu’elles ne le font pas assez. Elles ne se donnent pas ce temps là assez. Leur entreprise ne leur donne pas ce temps là. Donc, on crée un espace ici, de 300 mètres carrés, à Trocadéro. Un club de networking pour que les femmes puissent se rencontrer au travers de valeurs plus féminines que le foot et le rugby. D’ailleurs, le 25 février on fait un « Yoga and Champagne » pour se rencontrer. On a des évènements tous les mois. On fait aussi des dîners pour essayer de vraiment créer ce réseau bienveillant de femmes qui réussissent et qu’elles puissent avec elles d’autres femmes. D’ailleurs, quand vous rentrez au club, vous avez peut être vu cette citation de Madeleine Albright, « There is a special place in hell for women who don’t support other women ». On doit être bienveillante entre nous, mais aussi convaincre les hommes qu’en nous donnant la moitié de ce pouvoir, alors le monde sera encore meilleur et plus équilibré puisqu’on ne l’a pas. C’est clair. Et d’ailleurs, selon Davos, il faudrait attendre 2120 ans pour atteindre la parité, donc 100 ans.

Si je reprends le fil, Folies-Bergère : 2016. 2017, c’était à la Cité de la mode et du design. C’était 10 000 participants physiques qui sont venus ce jour là. C’était vraiment un nombre important. Il a fallu qu’on se transforme parce que 10 000 participants, on s’est demandé si on changeait ce format. Depuis la troisième édition à la Maison de la radio, avec un format physique pour entre 4000 et 5000 personnes. Et puis, une grande partie de personnes qui peuvent nous suivre aussi sur un livestream, puisque l’événement est diffusé pour donner accès au plus grand nombre, et à un grand public de plus en plus large pour vraiment vivre cet événement.

Et puis, l’année dernière marque l’année de l’internationalisation de la JFD avec notre première première édition en Afrique, où on a vraiment axé aussi sur le lancement de la Fondation Margaret, qui a pour mission de soutenir, au travers de bourses, des jeunes filles et des jeunes femmes puissent investir le secteur de la tech. On travaille avec la grande école du numérique. Et on prépare cette 8ème édition à la Maison de la radio, le 21 avril.

AC : On voit vraiment qu’on est parti au-delà du concept de la journée. C’est une marque. Ça devient justement plutôt une manière d’agir. Ton temps il est limité. Ton équipe est en taille limitée aussi. Comme toute entreprise, comme toute structure, on est obligé de faire des choix. Aujourd’hui, si on veut remettre de l’équilibre dans cette parité, tu penses que ça se trouve où ? Du côté des lois ? Aux côté des politiques ? Aux côtés d’incubateurs ? Aux côtés d’un club ? Où est ce qu’on commence ?

DRM : Je pense qu’on commence avec un compte à rebours, et comme ça, on a un rétro planning. 2120, c’est la date, c’est 100 ans pour atteindre la parité. Alors comment est ce qu’on fait pour réduire cette date, et pour trouver des accélérateurs ? On en trouvé trois axes majeurs.

La formation, pour donner aux jeunes femmes, et aux jeunes filles, envie de se former sur ces sujets là. Leur rappeler qui elles n’ont pas besoin d’être bonnes en math pour rejoindre ce monde merveilleux. Le financement. Les femmes ont accès au financement dans le monde à 2%. Cela veut dire que 98% des autres parts d’investissements possibles vont aux hommes. Donc là, il faut vraiment accélérer, car c’est par cet axe que les entreprises vont scaller. Le troisième axe, c’est la confiance et les rôles modèles. C’est au travers du prix « Les Margaret », que l’on remet chaque année en hommage à Margaret Hamilton, catégorie entrepreneure, catégorie intrapreneure, femme Afrique, et Europe. On est dans une dynamique européenne, de plus en plus forte. D’ailleurs l’évènement sera pour la première fois en anglais. So be ready, ladies. Et ce prix, « Les Margaret », cette année, est valorisé à 1 million d’euros, pour les quatre lauréates. Donc 250 000 euros par entrepreneure et intrapreneure, par projet. On les a choisi, elles seront révélées le 21 avril.

AC : Je voudrais revenir sur un élément dont tu m’as parlé tout à l’heure. Tu disais que c’est difficile d’agir sur les chiffres pour l’instant, mais ça va venir. Moi, j’aimerais bien justement savoir quel(s) chiffre(s) il faut retenir pour savoir si oui ou non, on réussi le pari de la parité. Parce que si on prend juste l’équilibre homme-femme dans une entreprise, on peut très bien se dire que, OK, il y a autant d’hommes que de femmes. Mais comme par hasard, les responsabilités, les hauts salaires vont plus aller d’un côté que de l’autre. Donc, comment on fait pour être sur que ça ne soit pas un jeu de statistiques, de contrôle des chiffres, et être sûr que ça marche bien, la parité ?

DRM : C’est en fixant des objectifs et en fixant des engagements concrets. C’est ce qu’on a fait avec le manifeste. Pour aller plus loin que juste une étude, on a demandé à nos partenaires de signer des engagements concrets et que l’on a présenté l’année dernière devant Edouard Philippe, et qu’on présentera cette année, le 4 mars à l’Hôtel des ministres, à Bercy, en présence de Cédric O. Il y aura d’autres personnes qui viendront découvrir les premières certifications JFD : ces entreprises qui ont réussi à atteindre leurs objectifs.

AC : Si on termine cet échange, avec un clin d’œil, un sourire, il y a une étude qui est sortie du Pew Research Center qui précise que les femmes seraient plus sympa que les hommes avec leurs enceintes connectées. Elles sont 62% à dire « s’il te plaît » ou « s’il vous plaît » à la fin d’une question. C’est symptomatique, symbolique, ça te fait réagir comment ?

DRM : Je pense que les femmes sont formidables, sont bien élevées, sont intelligentes, font attention aux autres, ne sont pas dans la dominance, et c’est peut être ça d’ailleurs qui nous différencie. Et d’ailleurs, on ne devrait pas s’excuser de ça. Puisque le pouvoir, ça se prend tout court, ça ne se demande pas, mais ça, c’est symptomatique, effectivement, notre façon d’être, on ne se met pas assez en avant, et il faut qu’on le fasse. Mais on peut continuer aussi à dire merci. Donc c’est bien. ça veut dire qu’on est loin est des êtres humains qui faisons attention aux autres, et aux enceintes connectées. Et c’est important.