Un milliard de dollars, c’est la somme que le Sénat a décidé d’allouer au remplacement, dans les campagnes américaines, des équipements télécoms fournis par Huawei mais aussi son concurrent ZTE, chinois lui-aussi. L’attribution de ce budget, voté à l’unanimité, devrait aider une quarantaine d’opérateurs ruraux à procéder au changement d’une partie de leurs installations actuelles. Cette mesure, qui doit encore être signée par Donald Trump avant d’entrer en vigueur, avait déjà été approuvée par la Chambre des représentants il y a quelques mois, rapporte Engadget. Dans un article publié ce 27 février, Politico souligne que plusieurs membres éminents du gouvernement américain ont dès à présent émis un avis favorable à l’attribution d’un tel budget. Donald Trump devrait donc donner son aval sous peu.

« Les équipements de télécommunications de certains adversaires étrangers constituent une menace importante pour notre sécurité nationale, notre prospérité économique, mais aussi l’avenir du leadership américain en matière de technologies sans fil avancées », estime pour sa part Roger Wicker, sénateur du Mississippi, dans un communiqué publié peu après le vote du Sénat. « En établissant un programme “arracher et remplacer”, cette législation fournira des garanties significatives pour nos réseaux de communication et des connexions plus sûres pour les américains ».

Un budget très insuffisant selon Huawei

Huawei, de son côté, a critiqué la décision du Sénat. Le géant chinois juge tout d’abord « grandement sous-financé » le budget d’un milliard de dollars potentiellement alloué par les autorités américaines pour ce remplacement d’envergure. La marque estime par ailleurs que cette mesure aura « simplement pour effet de réduire la capacité des opérateurs à fournir les équipements de réseau les plus sûrs ». Toujours selon Huawei, ce projet aurait au final pour conséquence de « nuire aux consommateurs et aux entreprises locales ».

Pour mettre en place les remboursements pour ce programme remplacement à grande échelle des équipements télécoms, la FCC (Federal Communications Commission) a commencé à collecter des informations auprès des opérateurs concernés, qui devront détailler le type d’équipements Huawei et / ou ZTE qu’ils prévoient de changer. Ces informations permettront aussi à Commission fédérale de mettre en place d’éventuelles mesures complémentaires pour faciliter cette période de transition en zone rurale. Une situation globale qui pourrait en tout cas bénéficier à d’autres acteurs des télécoms, comme Nokia, Ericsson ou encore Samsung.