À Toronto, un quartier dit abandonné est en reconstruction depuis 3 ans maintenant. Les travaux sont principalement gérés par Sidewalk Labs, le département d’innovation de la maison mère de Google. Cette dernière a la volonté de créer une ville pour y expérimenter ses innovations urbaines, avec le souhait de rendre, à terme, nos villes plus intelligentes. Cela pourrait notamment se traduire par des quartiers modulables. Récemment, comme le dévoile Reuters, un comité missionné par le gouvernement canadien a demandé à Alphabet de justifier des avantages pour les citoyens de son projet et plus particulièrement de l’importante collecte de données.

Alphabet doit justifier des technologies qu’il veut installer

La pertinence du projet d’Alphabet est actuellement remise en question. Le comité organisé pour examiner le projet de Sidewalk Labs a demandé à la société mère de Google de justifier ses intentions. Le comité se demande en fait si des propositions numériques et technologiques, récoltant au passage une importante quantité de données, ont réellement pour seul objectif de rendre la ville “plus intelligente”.

Concrètement, Alphabet doit aujourd’hui justifier ses projets de capteurs pour surveiller le trafic, le bruit, la météo, la consommation d’énergie et même la collecte des ordures. Car les doutes du comité ne font que s’accentuer. Un rapport précédent de celui-ci incitait déjà à se questionner sur les plans de Sidewalk Labs, pour déterminer si les technologies envisagées l’étaient “pour le bien de la technologie”. À ce propos, Michael Gist, le président du comité a indiqué : “Pour Sidewalks Labs, cela signifie maintenant qu’il faut fournir un contexte supplémentaire pour leurs propositions numériques, y compris, mais sans s’y limiter, une explication des raisons pour lesquelles les approches numériques des solutions ont été choisies plutôt que celles non numériques”.

Les locaux sont contre le projet depuis le début

Globalement, les plans du projet sont contestés par les habitants de Toronto depuis 2017, année où le projet a été dévoilé. Sidewalk Labs a déjà été contraint de revoir à la baisse ses ambitions. En effet, alors que les plans initiaux envisageaient un site de 190 acres, ce sont au final seulement 12 acres qui seront développés, suite à la décision de Waterfront Toronto. Cette dernière est une organisation qui gère les projets de revitalisation du front de mer de la ville. Formée en 2001, elle est en partenariat avec trois ordres du gouvernement canadien.

Finalement, Alphabet n’en a pas fini de se confronter aux réticences des habitants et des organisations de Toronto. Pour l’heure, ces derniers ont réussi à largement le faire reculer. Reste maintenant à voir comment la société américaine réussira à justifier les différents éléments de son projet et quels seront les interdictions qui pourraient finalement lui être imposées.