« Quand la vitesse d’évolution du marché dépasse celle de l’organisation, la fin est proche, » résumait Jack Welch, ancien PDG de General Electrics. Peu importe leur taille, leur secteur, leur culture, pour McKinsey, la stratégie avec un grand S doit avancer à la vitesse du numérique, et elle est dictée par le temps qui passe. Le digital façonne de nouveaux points de contacts, transforme les modes de consommation, et influence l’environnement SI des entreprises. Les organisations restées verticales, ou en silo, peinent à innover, voire pire, semblent parfois bloquées face à l’ampleur des chantiers humains et technologiques qu’il faut entreprendre pour trouver des solutions concrètes à un problème de business.

Depuis plusieurs années, une méthode vient changer les idées reçues sur les modèles de prise de décision, avec la promesse de réconcilier le rythme de l’organisation avec le rythme du client. En l’espace de quelques jours, elle aplanit les hiérarchies, fait collaborer les différents métiers de l’entreprise pour construire la meilleure expérience possible. On appelle cette méthode le design sprint.

Brève introduction au design sprint

On pourrait, avant de l’avoir pratiqué, trouver cette approche farfelue, ou idéaliste. Pourtant, Jake Knapp, son créateur, à l’époque designer chez Google, l’a éprouvée dans plus de 150 sessions, auprès d’entreprises qui font désormais figure de modèles dans le monde du digital et dont le succès n’est plus à démontrer. Parmi elles Uber, Airbnb, ou encore Slack.

Les principes de cette méthode reposent sur les pratiques du design thinking, des méthodes agiles, ainsi que de l’UX design. Grâce à différentes approches, processus, et outils, une équipe regroupant des expertises différentes a 5 jours pour trouver et modéliser une réponse viable à un problème business. A l’échelle d’une semaine type, le lundi est une phase de divergence où on liste, propose, et cartographie des solutions, jusqu’à la matérialisation et le test d’un prototype concret, le vendredi.

« Un design sprint ne s’improvise pas ! C’est une séquence rythmée au quart d’heure près où rien ne doit être laissé au hasard. Au-delà de la théorie, le succès d’un design sprint s’obtient avec beaucoup de pratique et l’amélioration continue des méthodes utilisées. 5 jours, cela peut sembler court pour résoudre un problème de business, mais cela peut aussi sembler très long si rien n’aboutit », explique Romain Dehaudt, Head of Revenue & Operations chez Emakina, agence digitale qui a défini son propre modèle de design sprint pour accompagner ses clients dans leurs problématiques d’expérience client et de commerce omnicanal.

Dans les faits, l’équipe projet est garante du respect de la méthode et des processus, par le biais d’un « sprint master ». Selon le sujet et la problématique, interviendront des consultants business, des planneurs stratégiques, des consultants SEO, des architectes de l’information, etc. Également, afin de modéliser le prototype, des designers et des développeurs sont mis à disposition de l’entreprise lors des derniers jours du design sprint.

Utilisez le design pour résoudre un problème ?

Résoudre des problèmes, c’est la raison d’être du design sprint, qu’il s’agisse de ré-inventer le parcours omnicanal d’un client, ou tout simplement d’améliorer le tunnel d’achat d’un site e-commerce. Sa capacité à mobiliser des personnes de différents métiers pour concrétiser une solution viable en un temps record en fait un passage obligé pour bon nombre d’entreprises et de secteurs. Dans le retail par exemple, cette méthode se marie parfaitement avec les réflexions omnicanales. Les technologies, et le numérique d’une manière plus générale, ont transformé les parcours des clients. Ils peuvent regarder en ligne puis acheter en point de vente, parfois l’inverse, ou avoir recours à des fonctionnalités omnicanales comme le click and collect ou la e-réservation par exemple. Online et offline sont des espaces devenus flous avec lesquels jouent les consommateurs. Le design sprint permet alors aux enseignes de construire une expérience sans points de friction.

Un sprint permet de réunir les expertises et les parties prenantes du projet autour de leur problématique commune : sa réussite. En passant 5 jours à créer une solution, on parvient à aligner les équipes sur le même objectif. On arrive également à les réunir autour des points sur lesquels se concentrer, alors même que leurs tâches seront différentes.

La direction ainsi donnée, on retire de fait beaucoup de sources de stress, et on redonne de la confiance aux métiers. Ce sont d’ailleurs deux atouts implicites du design sprint que son créateur évoque souvent.

Cette méthode doit donc être un impératif pour démarrer un projet, dont la réussite aura inévitablement un impact certain sur la pérennité de l’entreprise. Comprenez qu’un design sprint n’a pas lieu d’être pour l’organisation de la soirée de noël (quoi que ?), mais plutôt dans la création d’une plateforme e-commerce ou l’élaboration d’un nouveau service client par exemple. Ce genre de projet nécessite beaucoup de ressources, et va engager la réputation de l’entreprise dès son lancement. Aussi, mieux vaut être accompagné par une partenaire spécialisé.

Dans la résolution de problème, ou le démarrage de grands plans de transformation, cette méthode a mis tout le monde d’accord. De grandes entreprises comme Nike, Boucheron, AXA, Crédit Agricole ou même L’Oréal, n’envisagent désormais plus cela comme un exercice, mais comme un processus clé de la réussite de leurs projets. Le design sprint vous veut du bien. À vos clients, à vos équipes et surtout à votre business.