En juin 2019, le département innovation d’Alphabet, Sidewalk Labs, dévoilait son plan pour faire de Toronto un lab d’innovation urbaine. Il y a quelques jours, Waterfront Toronto, l’organisation gouvernementale en charge d’évaluer la pertinence du projet, estimait que certaines propositions faites par Sidewalk Labs n’étaient pas recevables et que : “de nouvelles solutions doivent être explorées”. Néanmoins, le projet avance et va passer à l’étape suivante.

Toronto valide 144 propositions sur 160

Le Master Innovation and Development Plan (MIDP), c’est le nom que porte l’étude rendue par Sidewalk Labs, a été approuvé en grande partie. En effet, Waterfront Toronto a rédigé un document qui doit servir de base pour une deuxième consultation. L’organisation gouvernementale a validé 144 propositions sur 160. Waterfront Toronto a notamment rejeté un concept de logement qualifié comme étant “ultra efficace”.

Il s’agissait d’un logement 7% plus petit que les logements standards. Ce dernier aurait pu être équipé d’un mobilier à usages multiples, comme des bancs réglables en hauteur qui pouvaient aussi servir de bureaux ou d’étagères, et des murs flexibles qui pouvaient rétrécir et agrandir les pièces.

Des solutions très innovantes

Une chose est sûre : Waterfront Toronto ne veut pas que les habitants de ce quartier se retrouvent dans des logements trop petits. Toute la difficulté réside dans le fait que Sidewalk Labs souhaite absolument que 40% des maisons de Quayside, le nom de ce nouveau quartier, soient en dessous du prix du marché.

Le département innovation d’Alphabet envisage également une “forêt de lanternes” qui pourrait permettre aux habitants d’être protégés du vent. Ce n’est pas tout, un gigantesque auvent imperméable fait partie des plans de Sidewalk Labs. Son rôle serait de protéger les habitants du vent, de la pluie et même du soleil.

Dans ses plans, Sidewalk Labs a aussi envisagé un réseau thermique qui permettrait de chauffer à la fois son appartement, mais aussi celui de son voisin, un système de gestion des déchets autonome et un système de gestion des eaux pluviales de pointe.

Les habitants s’inquiètent de l’arrivée de Google

Déjà en juin 2019, des bruits de couloir laissaient penser que les résidents de la ville étaient plutôt opposés à ce projet. Ils s’inquiétaient à l’époque du fait qu’un géant technologique puisse s’accaparer autant de terres. La protection de la vie privée est un sujet qui les préoccupe. Collecter des données, d’accord, mais pour en quoi faire quoi ? Ils ont peur de servir de cobayes et ne le souhaitent pas.

Quoi qu’il en soit, Sidewalk Labs va devoir écouter les inquiétudes des autorités pour répondre aux exigences de la ville. Le rêve de Larry Page de tester des solutions innovantes, grandeur nature, devra attendre encore un peu, mais Quayside pourrait bien finir par se transformer en un gigantesque paradis utopique de l’high-tech.