Mick Mulvaney, chef de cabinet de Donald Trump par intérim, rencontrait cette semaine Dominic Cummings l’assistant principal du Premier ministre, pour le convaincre de ne plus du tout travailler avec Huawei. Pour le moment aucun accord n’a été trouvé entre les deux pays, mais les États-Unis entendent bien poursuivre leur campagne pour persuader le Royaume-Uni.

Le Royaume-Uni ne veut pas céder aux pressions américaines

Déjà en janvier, une délégation américaine avait débarqué au Royaume-Uni pour tenter de convaincre les Britanniques de bannir Huawei. Le ministre à la Sécurité britannique avait accepté d’être conseillé sur le sujet par Matt Pottinger, le conseiller adjoint à la sécurité nationale américaine. Finalement, le Royaume-Uni décidait à la fin du mois de janvier d’accorder un rôle limité à Huawei dans le développement de son réseau 5G. Visiblement, cela n’a pas plu aux américains.

Boris Johnson a décidé d’accord une confiance très parcellaire à Huawei, qui est désigné par le premier ministre anglais comme un “fournisseur à haut risque” qui ne sera toléré qu’au sein des parties “non sensibles” du réseau 5G britannique. Huawei verra par ailleurs son degré d’implication maximal dans les futures infrastructures mobiles, limité à 35%. C’est beaucoup trop pour Mick Mulvaney qui aura tout fait pour tenter de trouver un accord avec les britanniques.

Les relations pourraient se tendre entre Trump et Johnson

Aujourd’hui c’est très clair, les États-Unis souhaitent que le Royaume-Uni interdise complètement Huawei. Le pays estime que les fonctionnaires britanniques, y compris le secrétaire du cabinet, Sir Mark Sedwill, n’ont pas compris la profondeur de leur mécontentement face à cette décision. Difficile d’entrevoir comment les relations de ces deux pays vont évoluer. Donald Trump aurait échangé avec Boris Johnson au téléphone quelques heures après cette réunion.

Le problème est que Huawei est devenu le premier fournisseur d’équipements 5G sur un marché où il n’y a que deux autres véritables concurrents : Ericsson en Suède et Nokia en Finlande. Étonnement, il n’y a pas d’acteur américain majeur sur ce secteur lié aux nouvelles technologies, c’est d’ailleurs très rare. Bref, les britanniques restent convaincus que les risques peuvent être contenus : “même si Huawei était corrompu par le gouvernement chinois, le partenariat limité que nous avons décidé de mettre en place ne lui permettrait pas de divulguer des informations sur nos infrastructures”.