Les responsables du renseignement américain ont pris sur eux d’avertir le 12 février des représentants de la Chambre des représentants sur les menaces d’ingérence russe pour l’élection présidentielle de 2020. Trump n’a pas du tout apprécié la présence de certains élus démocrates à la réunion…

Le Kremlin est de retour

Après 2016, rebelote. Toujours en faveur de Trump, la Russie chercherait à perturber l’élection présidentielle américaine et les primaires démocrates, la division comme horizon et, dans l'idéal, briser la confiance des citoyens dans le système électoral américain.

Un assistant de Joseph Maguire, le directeur intérimaire du renseignement national (plus maintenant, nous aurons l’occasion d’y revenir), réputé pour son franc-parler s’est présenté devant des élus de la chambre des représentants.

Devant les législateurs l’assistant a égrené les menaces et les perfectionnements des pirates russes :

- Plus de créativité sur Facebook, les trolls russes ne cherchent plus à se faire passer pour américain, mais à convaincre des Américains de propager eux-mêmes des Fake news.

- Des actions menées depuis des serveurs situés aux États-Unis, hors de la juridiction des services de renseignements extérieurs.

- Infiltration de l’unité de cyberguerre iranienne. La NSA soupçonne Moscou de vouloir lancer une attaque massive qui pourra être attribuée à Téhéran.

- Utilisation de ransonmware pour s’en prendre aux systèmes de votes et aux bases de données d’inscription sur les listes électorales, déjà potentiellement piratées en 2016.

Durant la réunion, les informations délivrées ont été contestées par des députés favorables à Trump, notamment en ce qui concerne le soutien de la Russie au président. Chris Stewart, l’un de ces députés avait déjà déclaré dans une interview, « Je mets au défi n'importe qui de me donner un argument concret, alors que Poutine préfère avoir le président Trump et non Bernie Sanders ».

Une réunion que n’a pas, mais pas du tout, apprécié le président

Le lendemain de cette réunion, c’est au tour de Donald Trump de voir rouge. Il aurait particulièrement sermonné Joseph Maguire. Le président n’a pas supporté que les démocrates soient conviés, craignant qu’ils n’utilisent les informations apprises lors de cette réunion contre lui durant la campagne.

Pire pour Trump, la présence de l’un de ses pires ennemis, Adam B. Schiff, élu démocrate de Californie et leader de la procédure d’impeachment qui a visé le président sans succès. Depuis cet épisode l’élu démocrate est régulièrement visé par des insultes du président, des allégations de corruption et toute sorte de piques. Adam Schiff a réagi sur Twitter à l’article du New York Times, « Il [le président] compromet à nouveau nos efforts pour mettre fin à l’ingérence étrangère ».

Le 19 février Joseph Maguire est remplacé à la tête du renseignement national par Richard Grenell, ambassadeur d’Allemagne et soutien bruyant du président en place. Les sources du New York Times divergent sur le poids de cette réunion sur la décision. Elles s’accordent sur le fait que les relations entre le président et son directeur du renseignement n’ont jamais été au beau fixe.

La question de l’ingérence russe occupera probablement une place non négligeable dès que le candidat démocrate sera désigné. À noter que selon certains documents récupérés par la justice américaine, Bernie Sanders était, en 2016, le candidat préféré du Kremlin face à Hillary Clinton.