Alors que la Chine et la Silicon Valley dominent largement le monde du numérique depuis des années, l’Union européenne se réveille et propose enfin un plan pour tenter de rattraper son retard. En effet, la Commission européenne prévoit de créer un marché européen des données industrielles. Ce plan d’attaque vise également à limiter la puissance des GAFAM.

Les données industrielles sont au cœur du plan d’attaque de l’UE

Après avoir été à la traîne pendant des années, notamment sur le marché des données, des réseaux sociaux, des achats en ligne, des smartphones, bref du numérique dans sa globalité, l’Union européenne veut rattraper son retard. La Commission européenne considère à raison que les entreprises européennes dépendent beaucoup trop des entreprises américaines et asiatiques. Les données sont le fer de lance des GAFAM et des BATX. Pour cette raison, l’Union espère que l’exploitation des données industrielles détenues par des entreprises comme Siemens ou Alstom pourrait propulser l’Europe à l’avant-garde de la prochaine vague d’innovation.

Vous l’aurez compris, la Commission européenne fait le pari des données industrielles. Les processus industriels sont liés à l’IoT (l’internet des objets) et comme le précise Thierry Breton, chef de l’industrie européenne : “la bataille pour les données industrielles commence maintenant et l’Europe en sera le principal champ de bataille. L’Europe dispose de la plus grande base industrielle. Les gagnants d’aujourd’hui ne sont pas forcément les gagnants de demain. Nous allons développer le potentiel de ces données industrielles pour propulser l’Europe”.

Une alliance européenne va être créée pour développer une plateforme de cloud computing. Dans ce cadre-là, 2 milliards d’euros doivent être débloqués. Cette décision forte de développer une politique numérique est accompagné par la volonté des États membres d’imposer des taxes numériques aux grandes entreprises technologiques américaines, mesures que Washington a condamnées comme équivalant à du protectionnisme.

La Commission européenne veut rétablir un équilibre des forces

Margrethe Vestager en a plus qu’assez de voir les géants américains imposer unilatéralement des conditions d’utilisation des données ou d’en tirer un avantage disproportionné. Il était donc temps de déployer un plan pour faire face à cette concurrence, et rétablir un certain équilibre. Pour l’Union européenne, les centres de données doivent également être neutres sur le plan climatique, d’ici 2030.

Enfin, un document de travail sur l’intelligence artificielle et plus particulièrement sur la reconnaissance faciale, est en cours de rédaction pour permettre de définir un cadre sur cette technologie. Utilisée depuis plusieurs années maintenant cette technologie rencontre un certain “succès” notamment en Chine. La population est constamment sous surveillance et les moindres faits et gestes de la population sont contrôlés. L’idée global du projet est de réguler cette technologie, mais aussi limiter son utilisation.