Twitter et Facebook se font taper sur les doigts par la Russie. Les deux réseaux sociaux viennent d’être condamnés par la justice pour ne pas avoir stocké les données de leurs utilisateurs russes sur le territoire national. Ils devront ainsi payer une amende de 58 000 euros chacun.

Facebook et Twitter dans le viseur de la justice russe

Ce jeudi 13 février 2020, un tribunal moscovite a condamné Twitter et Facebook à payer une amende de 4 millions de roubles chacun, soit 58 000 euros. Ils risquaient initialement une amende pouvant s’élever jusqu’à 6 millions de roubles, soit environ 87 000 euros. Leur erreur ? Ne pas avoir respecté une loi exigeant que les données des utilisateurs russes soient stockées sur des serveurs situés sur le territoire national. Les deux réseaux sociaux ont désormais 10 jours pour faire appel de cette décision et 60 jours pour payer l’amende infligée.

Depuis plusieurs années, Roskomnadzor, le service fédéral de supervision des communications russes, essaye en vain de forcer les grandes entreprises telles que Facebook, Twitter et Google à transférer les données de leurs utilisateurs russes sur le territoire national. Facebook et Twitter payent donc le contre-coup de leur manque de coopération. En 2019, la Russie avait d’ailleurs menacé de bloquer ces deux réseaux sociaux dans l’intégralité du pays. À noter que cette condamnation n’est pas la première du genre puisqu’en 2016, la Russie avait également condamné LinkedIn. Depuis, le réseau social des professionnels est bloqué sur l’ensemble du territoire, comme le souligne ABC News.

La Russie souhaite se doter d’un « Internet souverain »

Depuis plusieurs années, la Russie met en place une série de dispositifs visant à créer un « Internet souverain », capable de fonctionner de manière indépendante en cas de coupure du pays des grands serveurs mondiaux. Ce projet a également pour objectif d‘accroître le contrôle du gouvernement sur les activités internet de ses habitants et donc, dans le même temps, sur les données circulant dans le pays.

Pour parvenir à cet objectif, la Russie multiplie les actions de censure. La banque d’images Shutterstock, par exemple, en a été victime puisqu’elle a été bloquée sur le territoire pour « insulte à l’État ». Le pays a également lancé sa propre encyclopédie en ligne pour contrer Wikipedia et testé sa propre version d’Internet, baptisée « Rutnet », avec succès. Autant de signaux alarmants qui prouvent la détermination de l’État russe à se renfermer sur lui-même afin d’accroître son contrôle sur une population déjà opprimée.