Eileen Naughton, directrice des ressources humaines chez Google, a récemment annoncé qu’elle allait quitter son poste, après 4 années passées à l’occuper. Une annonce qui survient à un moment où les relations entre une partie des salariés et les dirigeants du géant américain sont extrêmement tendues.

Eileen Naughton quitte le navire

Arrivée il y a 14 ans au sein du groupe américain, Eileen Naughton a su gravir les échelons pour arriver, en 2016, à la tête de la direction des ressources humaines chez Google. Un poste qu’elle a annoncé vouloir quitter afin de se rapprocher de sa famille. Dans une déclaration obtenue par l’AFP, celle qui fait également partie des vice-présidents du groupe explique :

Mon mari et moi avons décidé – après 6 ans loin de chez nous, d’abord à Londres puis à San Francisco – de rentrer à New York pour nous rapprocher de notre famille. Je suis au début du processus et voulais le faire savoir d’emblée à tout le monde. Je vais travailler avec Sundar (Pichai, PDG) et Ruth (Porat, directrice financière) pour trouver un excellent leader pour l’équipe des ressources humaines.

De son côté, Google a annoncé au magazine Fornute que cette démission ne signe pas la fin de leur collaboration puisqu’Eileen Naughton sera affectée à un nouveau poste au sein du groupe de Mountain View. Sundar Pichai, PDG d’Alphabet, la maison-mère de Google, a tenu à mettre à l’honneur le travail effectué par Naughton durant ces quatre années passées en tant que DRH :

Eileen a contribué de façon majeure à l’entreprise dans de nombreux domaines, des partenariats avec les médias, à la direction des ventes et des opérations au Royaume-Uni et en Irlande. Elle a aussi dirigé notre équipe des ressources humaines pendant une période de croissance significative, pendant laquelle plus de 70.000 personnes ont commencé leur carrière chez Google.

Google plongé dans un contexte tendu

Durant ses quatre années en tant que DRH, Eileen Naughton a dû faire face à plusieurs reprises à la grogne des salariés de Google. En novembre 2018 par exemple, près de 20 000 employés de l’entreprise ont observé un arrêt de travail pour protester contre la dissimulation présumée de cas de harcèlements sexuels au sein du groupe. Un mouvement social sans précédent pour l’entreprise et qui a débuté après qu’Andy Rubin, créateur d’Android, ait reçu une indemnisation de 90 millions de dollars pour partir de l’entreprise après qu’une plainte pour agression sexuelle ait été déposée à son encontre. Dans le même temps, 48 autres personnes, dont 13 hauts-responsables, auraient été licenciés pour les mêmes raisons.

Dans les mois qui ont suivi cette affaire, Eileen Naughton a mis en place des dispositifs visant à faciliter la dénonciation des fautes professionnelles et a ouvert un programme permettant aux victimes présumées d’être accompagnées par une personne de confiance lors de leur dépôt de plainte au service des ressources humaines, mais aussi pendant l’ensemble du processus d’enquête. En 2019, Alphabet a enfin décidé d’agir de façon plus offensive en lançant une enquête sur les potentiels actes d’harcèlement sexuel en interne.

Au-delà des cas de harcèlement sexuel, de nombreux employés se mobilisent également contre divers projets envisagés par Google. Parmi eux, un projet d’intelligence artificielle avec le ministère de la Défense américain, le développement d’une version du moteur recherche adaptée à la censure chinoise ou encore un éventuel contrat avec les services d’immigration américains. Aussi, certains salariés auraient subi des tentatives d’intimidation de la part de la direction. Ils seraient une dizaine à avoir été rétrogradés, poussés dehors ou placés sur des projets moins intéressants, suite à leurs protestations. Enfin, en 2019, Google a été accusé d’avoir espionné ses employés à travers une extension Chrome.

C’est donc dans un contexte particulièrement tendu qu’Eileen Naughton laisse sa place de DRH. Pour Sundar Pichai, cet événement servira à marquer « un nouveau chapitre » dans les relations entre les dirigeants de Google et les salariés de la firme.