Vous souvenez-vous du scandale Equifax ? Cette société d’évaluation de la cote de crédit, c’est-à-dire de la solvabilité et de la capacité de remboursement d’une personne ou d’une entreprise, avait exposé les données personnelles de 147 millions de personnes. Dans le cadre de cette affaire, aux états-Unis, le ministère de la Justice a inculpé ce lundi 10 février quatre pirates militaires chinois.

Quatre hackers militaires chinois ont été inculpés

Neuf chefs d’accusation ont été retenus contre Wu Zhiyong, Wang Qian, Xu Ke et Liu Lei. D’après le ministère de la Justice, ces quatre chinois travaillaient en 2017 pour l’Armée populaire de libération de la Chine. Les hackers feraient par ailleurs partie du groupe APT10, un groupe bien connu à travers le monde et soutenu par Pékin qui a déjà été accusé d’avoir piraté des dizaines de grandes entreprises américaines et des systèmes gouvernementaux.

D’après David Bowdich, directeur adjoint du FBI : « c’est le plus grand vol d’informations personnelles réalisé par des pirates informatiques parrainés par un État, jamais enregistré ». Le procureur général William Barr a quant à lui précisé que : « aujourd’hui, nous tenons les hackers pour responsables de leurs actions criminelles, et nous rappelons au gouvernement chinois que nous avons la capacité de lever le voile sur l’anonymat qui domine sur Internet et de trouver les hackers que la nation déploie à plusieurs reprises contre nous ».

Un scandale gigantesque orchestré par la Chine

La première intrusion remonte au 29 juillet 2017, comme le précisait à l’époque le CEO de la société, Rick Smith, dans une vidéo diffusée du YouTube. Un contenu de communication de crise visant à expliquer les tenants et les aboutissants de la situation. Dès cette intrusion, une société spécialisée avait été contactée afin d’effectuer des analyses de sécurité. Malgré cela, Equifax annonçait la fuite des données personnelles de 147 millions de consommateurs.

Depuis, Rick Smith a pris sa retraite, mais n’a pas échappé aux critiques. Le sénateur Chuck Schumer a qualifié la faille de sécurité et la façon dont le géant du crédit en a géré les conséquences de « l’un des exemples les plus flagrants de malversations d’entreprise depuis Enron ».

Nous savons désormais que c’est la Chine qui se cachait derrière ce scandale. Mark Begor, l’actuel CEO d’Equifax, a déclaré qu’il était « reconnaissant » du travail  effectué par le FBI et le ministère de la Justice pour obtenir ces mises en accusation. Le consulat chinois à New York n’a pas souhaité répondre à cette annonce.