Depuis 2019, une enquête antitrust a été ouverte à l’encontre de Google, après que l’entreprise ait été dans le viseur des autorités. Ces derniers mois, comme le révèle le Wall Street Journal, plus d’une dizaine d’éditeurs, d’agences de publicité ont été interrogés par le département de la justice américaine (DOJ, Department of Justice). Les questions des enquêteurs ont notamment porté sur la façon dont ils interagissent avec les outils publicitaires de Google.

L’enquête se resserre sur les outils publicitaires de Google

Dans le cadre de leur enquête, les autorités américaines ont posé beaucoup de questions sur les activités publicitaires de Google à plus d’une dizaine d’acteurs différents. Parmi eux, des médias comme le Wall Street Journal ou encore le New York Times. Ces questions ont également été posées aux dirigeants de Google.

Précisément, la majorité des interrogations des enquêteurs se concentrent sur les deux mesures prises par le géant, ces dernières années. À savoir, l’intégration de son propre serveur publicitaire, qui permet aux sites web de mettre en vente de l’espace publicitaire, et la décision de Google d’exiger des annonceurs qu’ils utilisent ses outils pour acheter de l’espace publicitaire sur YouTube.

Selon Michael Nevins, le directeur marketing de Smart AdServer, une technologie publicitaire rivale de Google, “les enquêteurs se concentrent sur les bons sujets”. En effet, il est visiblement reproché à Google son activité ad-tech. Le géant dispose de logiciels utilisés pour acheter et vendre des publicités sur des sites web, et ces logiciels constituent un outil qui lui donne un pouvoir anticoncurrentiel selon des éditeurs et des rivaux publicitaires.

Bientôt un rapprochement des procureurs généraux et du département de la justice ?

Mardi, les procureurs généraux de l’État, qui mènent leur propre enquête au sujet de Google, ont rencontré des responsables du département de la justice. Cette rencontre pourrait aboutir à une collaboration plus étroite dans le cadre de leurs deux enquêtes.

Ces échanges entre les deux parties pourraient permettre un partage des informations récoltées, mais aussi une accélération de l’enquête grâce à une meilleure répartition des tâches. Car leurs enquêtes sont sensiblement similaires. En effet, il y a quelques mois, les autorités représentant l’État avaient d’ores et déjà fait parvenir leurs questions sur le fonctionnement interne de ses produits ad-tech à Google.

En ce qui concerne les questions du département de la justice, certaines placent les agences de publicité interrogées dans une situation délicate. Car elles sont nombreuses à utiliser les outils de Google et le géant américain est aussi un client important pour certaines d’entre elles. Voilà donc qui pourraient tendre les relations entre eux.

Cette enquête approfondie pourrait toucher, cette année, les autres GAFA. Rappelons que tous sont sous le coup d’une enquête antitrust depuis plusieurs mois, ils devaient d’ailleurs fournir des documents aux autorités en octobre dernier.