Si les États-Unis levaient l’interdiction qui empêche Huawei de travailler sur le territoire, la direction de l’entreprise chinoise s’estime prête à travailler de nouveau avec Google. Vraisemblablement, ce n’est pas l’avis de tous les directeurs du groupe. Pour cette raison et pour assurer ses arrières, Huawei travaille tout de même sur le développement de Huawei Mobile Services, un système d’exploitation open source qui semble recevoir un bon accueil, notamment en Europe.

Certains directeurs chinois ne veulent plus de Google

Alors Huawei est-il réellement prêt à travailler de nouveau avec Google ? Ce n’est pas ce que prétend Fred Wangfei, directeur commercial de Huawei en Autriche, qui estime que Huawei en a définitivement terminé avec les services de Google.

L’homme s’est confié au média allemand Der Standard, et affirme que le constructeur chinois refusera de réutiliser les applications et les services de Google. Selon lui, le groupe miserait tout sur Huawei Mobile Services, pour ne plus dépendre des technologies venant des États-Unis. Fred Wangfei ne laisse pas beaucoup de marge de manœuvre. Il estime que :

“Nous n’avons plus envie de collaborer avec Google. Qu’il s’agisse du Play Store, de Gmail, de Google Maps et de toutes les autres applications créées par Google. Nous n’en voulons plus, même si le gouvernement américain décide de lever l’interdiction qui force Huawei à proposer ses propres alternatives”.

En mai 2019, un porte-parole de Google annonçait que : “nous nous conformons à la volonté du gouvernement américain. L’ordre, en l’occurrence, semble être la décision récente du Ministère du Commerce américain d’inscrire Huawei sur une liste rouge”.

La direction de Huawei temporise

Oui mais voilà, Huawei ne veut pas envenimer les relations et préfère temporiser les propos de son directeur commercial. Un porte-parole de l’entreprise chinoise a déclaré que : “notre premier choix a toujours été l’écosystème Android ouvert, y compris Google Mobile Services). C’est d’ailleurs ce qui nous a permis de devenir le numéro deux mondial sur le marché des smartphones”. À ce jour, la société est encore en mesure d’utiliser le système d’exploitation Android de base. Le porte-parole de Huawei ajoute que :

“Je crois que Google et Huawei espèrent tous les deux qu’une licence sera accordée. Pour ne pas nous retrouver dans la panade, nous développons actuellement HMS (Huawei Mobile Services) et invitons les développeurs d’applications à nous rejoindre. Notre offre a reçu un accueil très positif en Europe. Par ailleurs, il est utile de rappeler que nous avons été l’un des principaux contributeurs au système d’exploitation open source Android au cours des cinq dernières années”.

Est-ce une manière pour Huawei de jouer les bons soldats et de se faire oublier pour revenir plus fort ? L’avenir nous le dira.