En juillet 2018, les ministères de la santé, de l’environnement et de l’économie saisissaient l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement, travail), pour évaluer les risques éventuellement causés par l’utilisation de la 5G. Le 26 janvier, l’agence soulignait la « nécessité de disposer des données décrivant les technologies développées et leurs installations afin de caractériser les niveaux d’exposition associés et d’évaluer les éventuels effets sanitaires ».

Les premières conclusions sont attendues pour le 1er trimestre 2021

Il est toujours étonnant d’observer les délais des calendriers administratifs et publics. Saisie en 2018, l’Anses a été sollicitée pour évaluer les éventuels dangers causés par la 5G. Le déploiement, et bien que cela soit encore incertain, est toutefois officiellement prévu pour fin 2020, si l’on en croit la publication de l’Anses. En outre celle-ci prévoit d’établir son rapport préliminaire pour 2021. Autrement dit, les suggestions et préconisations de l’Agence nationale risquent d’arriver un peu tard…

D’autre part, si l’Agence insiste, en ce début d’année 2020, sur la nécessité d’obtenir davantage de données de la part des industriels pour simplement « identifier les axes principaux d’évaluation des risques », il semblerait qu’elle n’ait pour l’instant pas grand chose à se mettre sous la dent pour remplir la mission confiée par le Gouvernement : « L’Anses souligne la nécessité de disposer du maximum d’informations techniques de la part des industriels impliqués afin d’être capable de définir des scénarios d’exposition des populations, en collaboration avec l’Agence nationale des fréquences (ANFR), et d’évaluer l’impact sanitaire éventuel. », peut-on lire sur le site officiel de l’Agence.

Mais ce n’est pas grave, celui-ci pourra toujours, en cas de problème, se dédouaner, rappelant qu’il a « fait son travail » en sollicitant les travaux de l’Anses en 2018. Travaux manifestement encore difficiles à mener pour cause de manque d’informations. Il semblerait, donc, que le gouvernement ne dispose d’aucun moyen pour inciter les industriels à faire part des données essentielles à l’évaluation des éventuels risques liés à la 5G. Dommage.

L’accent est pour le moment mis sur deux champs d’expertise

L’agence a pour l’instant l’intention d’évaluer les fréquences radio autour de 3,5 gigaHertz et les fréquences millimétriques. Le premier champ pose problème car l’agence explique qu’il lui manque des « données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires potentiels ». Le second dépend du nombre de personnes qui utiliseront le réseau 5G, or cela est bien entendu très difficile à évaluer pour l’instant, rappelle un expert de l’Anse, Olivier Merckel, cité dans Le Point.

Si l’Anses venait à constater des « effets inquiétants » pour certaines fréquences, l’Agence pourrait « recommander une modification des seuils », a ajouté l’expert. Encore faut-il pour l’Agence être en mesure d’évaluer ces effets d’une part, et être écouté dans ses recommandations d’autre part…

Une incertitude dans l’histoire du déploiement de la 5G, qui ne cesse de faire parler d’elle ces dernières semaines, principalement en Europe. Si les pays membres de l’UE peinent à trouver un accord pour des raisons sécuritaires, il est clair que d’un point de vue technique, la chose semble encore compliquée à déterminer. Il n’est donc pas étonnant que l’Anse rencontre elle aussi quelques difficultés pour remplir sa mission.