S’il est clair que l’intelligence artificielle représente l’un des enjeux technologiques majeurs de cette prochaine décennie, il est aussi important de comprendre qu’elle présente certains risques et dangers. C’est pourquoi Sundar Pichai, PDG d’Alphabet, la maison-mère de Google, estime qu’il est désormais primordial de réguler le domaine.

Comment réguler l’intelligence artificielle ?

C’est dans un manifeste publié sur le Financial Times que le PDG d’Alphabet a fait connaître sa position sur la question complexe de la régulation de l’intelligence artificielle. Dans celui-ci, il écrit : « Dans mon esprit, il ne fait aucun doute que l’intelligence artificielle doit être réglementée. C’est trop important pour ne pas le faire. La seule question est de savoir comment l’aborder ».

Avec cette question, Sundar Pichai apporte aussi un début de réponse. Selon lui, c’est obligatoirement à l’échelle internationale que la régulation de l’intelligence artificielle doit se faire : « La cohérence internationale sera essentielle pour faire fonctionner les normes mondiales. Pour y arriver, nous avons besoin d’un accord sur les valeurs fondamentales ».

Le PDG d’Alphabet préconise également une approche basée sur quatre clés fondamentales pour réguler intelligemment et efficacement les intelligences artificielles : la sécurité, l’explicabilité, l’équité, et la responsabilité. Enfin, il appelle à créer une réglementation mesurée qui laisserait libre cours à l’évolution de cette technologie, tout en garantissant que celle-ci soit guidée par le bien commun en ayant un impact positif sur la société.

Les dangers de l’intelligence artificielle

Véritable prouesse technologique, l’intelligence artificielle intrigue autant qu’elle effraie. Ses domaines d’application sont aussi vastes que variés et une technologie basée sur l’IA peut rapidement être détournée à des fins malveillantes si elle se retrouve entre de mauvaises mains. C’est notamment ce qu’il se passe en ce moment même avec le phénomène des deepfakes qui peut s’avérer dévastateur, notamment à l’approche d’une période électorale.

Autre sujet épineux, celui de la reconnaissance faciale qui soulève de lourdes interrogations quant au respect des libertés individuelles. Une question sur laquelle Google a d’ores et déjà tranché, comme le souligne Sundar Pichai : hors de question pour la firme de vendre des outils qui pourraient servir à la surveillance de masse. En effet, pour le PDG d’Alphabet, les entreprises qui développent des technologies basées sur l’intelligence artificielle sont responsables et ne doivent pas les laisser à la portée de tous.

Une prise de parole qui tombe à point nommé

Cette prise de parole intervient à un moment clé pour l’intelligence artificielle. En effet, le 19 février prochain, la Commission européenne présentera ses propositions afin de légiférer sur le domaine et ainsi protéger les citoyens européens face au développement de celui-ci. Afin d’établir un encadrement juste, les législateurs européens pourraient interdire la reconnaissance faciale durant une période de trois à cinq ans.

Contrairement aux États-Unis qui préconisent une réglementation flexible encourageant l’innovation, l’Union européenne envisage une approche plus radicale de la question. Deux visions diamétralement opposées qui risquent de poser de nouveaux défis aux grandes entreprises comme Google si aucun accord international n’est trouvé, comme le souhaiterait Sundar Pichai.