Après quatre ans de travail, une équipe de chercheurs suisses a réussi à développer un appareil capable de préserver des foies ex vivo (c’est-à-dire hors du corps humain) pendant une semaine. Mieux encore, cet appareil permet également de régénérer les foies qui auraient été préalablement endommagés. Jusqu’à présent, les techniques utilisées ne pouvaient préserver les foies destinés à la transplantation que pendant 12 à 18 heures avant que ces derniers ne commencent à se dégrader.

Comment fonctionne cet appareil ?

C’est dans le journal Nature Biotechnology que le professeur Clavien de l’Université de Zurich et ses équipes ont dévoilé cet appareil innovant. Celui-ci conserve les foies destinés à la transplantation juste en dessous de la température du corps humain, tout en leur prodiguant de façon automatisée de nombreuses fonctions physiologiques. Parmi elles, la gestion automatisée des taux de glucose et de l’oxygénation, ainsi que l’élimination des déchets et le contrôle de l’hématocrite (le volume occupé par les globules rouges circulants dans le sang).

Ainsi, l’appareil créé par le professeur Clavien et ses équipes reproduit les rôles du coeur, des poumons et des reins. C’est cela qui permet aux foies en attente de transplantation d’être préservés hors du corps humain pendant 7 jours, contre seulement 12 à 18 heures avec les méthodes utilisées aujourd’hui. C’est grâce à ce gain de temps que les foies endommagés peuvent également se soigner. Selon le professeur Clavien, “le foie a besoin d’une semaine pour se régénérer complètement”. De cette façon, un foie abîmé qui serait refusé à la transplantation pourrait tout à fait devenir viable en passant par cette machine.

Un système déjà opérationnel sur les foies humains

Au début de leurs phases de tests, le professeur Clavien et ses équipes ont d’abord prélevé des foies de porcs, puis les ont conservés à l’aide de leur machine. Après 7 jours, trois porcs ont été transplantés. Les résultats ont été sans appel : tant au niveau de la fonction des foies qu’au niveau de leurs tissus, les différentes greffes ont été réussies et ne présentaient aucune différence avec les greffes dont les organes avaient été conservés seulement quelques heures.

Le système a ensuite été testé sur dix foies humains endommagés qui avaient été refusés pour la transplantation par les centres européens. Après une semaine, six des foies se sont régénérés et ont été jugés aptes à la transplantation. Ainsi, le professeur Clavier a indiqué que son système serait d’abord utilisé dans cette optique : donner le temps à des foies jugés de trop mauvaise qualité pour une transplantation immédiate de se régénérer. De cette façon, les chances de sauver des vies seraient considérablement multipliées.

Une avancée majeure pour la greffe d’organes

En France, 24 000 personnes sont aujourd’hui en attente d’une greffe de foie et 500 à 800 d’entre elles vont mourir cette année faute d’avoir pu être transplantées. Cette machine est donc une découverte extrêmement importante pour la médecine et pourrait sauver des centaines milliers de vies à travers le monde.

Toutefois, elle n’est pas la seule avancée majeure dans le domaine de la greffe d’organes. En effet, l’impression 3D participe également à faire avancer la science. L’année dernière, une équipe de chercheurs de l’Université de Tel Aviv a par exemple réussi à imprimer un coeur en 3D à partir de tissus humains. Un exploit renouvelé peu de temps après aux États-Unis.