Une équipe de chercheurs de l’Institut des sciences biomédicales de l’Université d’État de Géorgie a mis au point un nouveau vaccin à nanoparticules capable de protéger durablement la souris du virus de la grippe.

Vers un vaccin universel ?

Ce qui est intéressant avec ce nouveau vaccin, c’est le niveau de protection apporté. En effet, les souris ayant été immunisées avec le vaccin à nanoparticules ont résisté à six couches différentes du virus de la grippe. Les différentes combinaisons testées suggèrent que ce vaccin a le potentiel d’être un vaccin antigrippal universel ou tout du moins, un composant d’un tel vaccin.

Ye Wang, à l’origine de cette découverte, précise que : « cette combinaison d’antigènes en nanoparticules a conféré aux souris une forte protection. Notre vaccin peut protéger les souris contre différentes souches de virus de la grippe. Au fil des saisons, différentes souches de virus de la grippe nous affectent. Avec cette nouvelle approche, nous espérons que notre vaccin à nanoparticules pourra protéger les humains des différentes souches de virus de la grippe ».

Pendant ce temps, d’autres chercheurs travaillent sur un vaccin qui pourrait contrer le VIH. HVTN 702, Imbokodo ou encore Mosaico, ce sont les noms des vaccins qui ont été testés lors d’expériences, et qui pourraient être rendus disponibles dès 2021, soit dans moins d’un an. Ces trois vaccins, encore expérimentaux, pourraient être d’importants éléments d’avancées dans la lutte contre le VIH, le virus qui donne le SIDA.

La neuraminidase (NA) plutôt que l’hémagglutinine (HA)

La grippe reste l’une des causes principales des décès par infection à travers le monde. Le corps médical estime que les vaccins contre la « grippe saisonnière » sont insuffisants pour prévenir les épidémies de grippe. Un vaccin universel est attendu depuis des dizaines d’années. Concrètement, avec ce vaccin, nous n’aurions plus besoin de nous faire vacciner tous les ans.

Les chercheurs ont créé ce nouveau remède à partir de la protéine M2e du virus de la grippe, qui se retrouve dans toutes les souches du virus. La protéine NA se trouve également à la surface du virus de la grippe. Ces deux protéines ont muté très lentement, ce qui conforte les chercheurs dans l’idée qu’il faut s’en servir de base. Le vaccin à nanoparticules utilise donc la protéine M2e comme noyau et la NA se trouve à la surface.

Gilbert Gonzalez, co-auteur de l’étude, précise que : « avant nous, très peu de vaccins antigrippaux éavaient été conçus à partir de la protéine NA. Pourtant, cette protéine est un antigène de plus en plus important pour la recherche sur les vaccins antigrippaux. Auparavant, cette protéine était écartée et l’hémagglutinine (HA) était préférée. Nous nous sommes aperçus que cette protéine mute très rapidement, ce qui explique la nécessité de se refaire vacciner tous les ans ».

Ces recherches sont menées dans le cadre d’une étude financée par l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses des Instituts nationaux de la santé.