L’entreprise technologique américaine décide de lancer un outil qui aura la mission d’examiner des conversations textuelles et de repérer d’éventuels dangers pour les enfants. Le projet Artemis doit permettre de protéger les enfants, de plus en plus exposés sur le net.

Artemis : un projet né d’un hackathon

Microsoft annonce avoir développé une nouvelle technique pour détecter et signaler les prédateurs sexuels en ligne. Le projet Artemis sera mis à disposition des plateformes en ligne de manière totalement gratuite. L’objectif est de le propager au maximum. Concrètement, cet outil examine les conversations sur le net et peut repérer un danger potentiel pour un enfant.

Dans les faits, l’outil attribue une note que les plateformes peuvent consulter. En fonction de la gravité de la note, les modérateurs de la plateforme peuvent décider d’un examen plus approfondi en alertant les équipes de Microsoft sur une conversation donnée. Artemis est le fruit d’un hackathon qui se tenait en novembre 2018, organisé par Microsoft. L’entreprise précise qu’à présent, les licences Artemis seront gérées par Thorn, un organisme à but non lucratif qui travaille sur des technologies pour défendre les enfants contre les abus sexuels. Microsoft précisait dans un billet de blog que :

« Le Projet Artemis est un pas en avant significatif, mais ce n’est en aucun cas une finalité. Les abus sexuels en ligne sur des enfants est un problème important. Pourtant, nous ne sommes pas découragés par la complexité et la subtilité de ces questions. Au contraire, nous mettons l’outil à disposition de toutes les entreprises et plateformes travaillant sur le web pour tenter d’engager un maximum de personnes autour de cette cause. Nous prévoyons de perfectionner Artemis au fil des expérimentations ».

Les enfants sont de plus en plus exposés

Déjà en mai 2019, les géants de la tech contribuaient à une enquête sur les crimes pédophiles en ligne. En effet, à l’initiative de Theresa May, Facebook, Apple, Microsoft et Google ont été invités à fournir des preuves sur une enquête indépendante à propos des abus sexuels en ligne. William Chapman, avocat représentant les enfants victimes d’abus, appelait à l’époque les géants du numérique à faire beaucoup plus pour « enrayer ce fléau moderne ». Il souhaiterait notamment que les enfants victimes d’abus numériques puissent toucher des indemnités à l’avenir.

Les enfants de 12 à 15 ans passent de plus en plus de temps en ligne. Selon l’Ofcom, l’autorité régulatrice des télécommunications au Royaume-Uni, ils passaient en moyenne 20 heures et six minutes par semaine sur Internet en 2016. En 2018, ce temps a augmenté de 24 minutes et ils sont désormais 84% à avoir un smartphone. Cela montre à quel point ils sont exposés aux risques de tomber sur des cybercriminels.