Depuis 2019, Alibaba a ouvert sa plateforme aux revendeurs étrangers par le biais d’AliExpress, espérant ainsi faire de l’ombre à Amazon. Aujourd’hui, le géant chinois continue son offensive en réclamant des commissions inférieures à celles du géant américain aux vendeurs externes, a rapporté Reuters le 8 janvier.

AliExpress passe à l’offensive

Depuis plusieurs mois, un ensemble de petites entreprises ont manifestement été séduites par le service AliExpress. Mais le géant chinois ne compte pas s’arrêter là, et aurait tenté d’approcher de plus grandes marques d’après Reuters. Les sources du quotidien ont tenu à rester discrètes, mais Mango, Benetton et Tendam auraient été approchées.

Les marques en question n’ont cependant fait aucune déclaration officielle, tandis qu’elles utilisent pour le moment les services Amazon. Une source d’AliExpress a simplement déclaré : « Nous sommes continuellement à la recherche de nouvelles opportunités pour travailler avec de nouveaux partenaires et établir un climat de confiance avec les vendeurs et les consommateurs ».

L’année 2019 devait être l’année du passage du local au mondial pour AliExpress, il semblerait que ce soit le cas en effet, mais l’entreprise doit encore trouver le moyen de séduire les marques reconnues, et donc d’un certain standing.

Un marché pas si facile à prendre

L’une des grandes marques approchée par le groupe chinois aurait toutefois précisé – toujours de manière anonyme – que les démarches d’AliExpress n’avaient pas donné suite, leur enseigne se devant d’évoluer dans « un environnement ambitieux » pour correspondre au marché européen. Une autre s’est contentée de rapporter que le « travail était en cours ».

Difficile donc d’y voir clair, et Wang Mingqiang, à la tête d’AliExpress a déclaré lors d’une interview au siège d’Alibaba que « les marques étrangères avaient besoin de temps pour comprendre la plateforme » rapporte Reuters. Autrement dit les négociations sont en cours, ou plutôt à l’étude.

Il est certain qu’Amazon s’est largement déployé sur le marché de l’Europe, et si le géant chinois est capable de proposer des tarifs de commission de ventes intéressants, encore faut-il que les clients soient prêts à passer par une nouvelle plateforme.

Si Alibaba cherche à déployer ses services sur le marché européen, c’est pour atteindre l’objectif que s’est fixé Daniel Zhang, à la tête du groupe Alibaba, et qui compte bien doubler sa clientèle d’ici 2036, malgré un avenir économique un peu plus incertain en Chine.

Toutefois, pour y parvenir, le géant chinois, jusqu’ici spécialisé dans la vente de produits bon marché, se doit de gagner le marché de l’Espagne en particulier, et de l’Italie, toutes deux réputées sur le marché de la mode. La société vise également des pays comme la Russie et la Turquie, représentant une passerelle entre l’Europe et l’Asie.

C’est ainsi qu’AliExpress a décidé de renoncer à l’imposition d’un tarif mensuel aux vendeurs espagnols, et fixé les commissions de vente entre 5 et 8%. Par comparaison, Amazon réclame 39 euros par mois plus la TVA à ses vendeurs, et la commission se situe entre 7 et 15%. L’entreprise de Jeff Bezos a refusé tout commentaire sur les décisions prises par le géant chinois pour le moment.

Il va cependant falloir un peu de temps avant qu’AliExpress soit en mesure de séduire la clientèle européenne, car la plateforme est encore associée à des produits chinois et donc pas toujours de grande qualité. Certains sont confiants toutefois, à l’instar du PDG de l’entreprise de cosmétiques espagnole, Le-Tout Cosmetics : « Je pense qu’AliExpress est encore associé aux produits chinois – il va falloir un peu de temps, mais je pense qu’ils font ce qu’il faut pour gagner en trafic et en visibilité ». L’avenir nous le dira…