Voilà plusieurs semaines que nous n’entendons plus parler de la cryptomonnaie de Facebook. En octobre, le directeur de la Libra Association, David Marcus, annonçait que le projet pourrait pivoter. Aujourd’hui Ueli Maurer, Président de la confédération Suisse, estime que la Libra est un échec.

Dans sa forme actuelle, la Libra est un “échec”

Souvenez-vous, en octobre la monnaie virtuelle de Facebook subissait des revers de taille. Les poids lourds qui soutenaient le projet quittaient le navire. C’était notamment le cas de PayPal, Visa, Mastercard, eBay ou encore Booking. Dans un e-mail à la presse, PayPal expliquait “avoir pris la décision de se retirer de la Libra Association”, sans donner plus d’explications sur son retrait. On pouvait simplement lire que : “nous continuons à nous concentrer sur notre mission et nos priorités stratégiques : démocratiser l’accès aux services financiers des populations mal desservies”.

Ueli Maurer a déclaré à la chaîne de télévision suisse SRF, que : “je ne pense pas que la monnaie virtuelle de Facebook ait une chance de voir le jour dans sa forme actuelle, parce que les banques centrales n’accepteront pas de s’aligner aux devises qui y sont adossées. Je considère donc que le projet a échoué dans sa forme actuelle”. David Marcus n’a pas souhaité répondre aux commentaires d’Ueli Maurer. La parole du Président de la confédération Suisse a son importance car le siège de la Libra Association est basé à Genève.

Facebook n’a pas su rassurer les régulateurs

Si la Libra n’a toujours pas vu le jour c’est parce qu’elle a inquiété les régulateurs du monde entier. Autant aux États-Unis qu’en Europe. Les réunions entre la présidente de la commission des services financiers de la Chambre des représentants des États-Unis et des représentants du gouvernement suisse n’avaient pas permis de rassurer les régulateurs américains. Même si Facebook aura tout tenté pour se mettre Washington dans la poche, le gouvernement des États-Unis est resté perplexe et prudent.

De son côté, la Commission Européenne a déclaré qu’elle étudierait dans le détail le comportement potentiellement anticoncurrentiel de la cryptomonnaie de Facebook. L’organe de sécurité s’inquiétait de l’éventualité que Facebook puisse mettre hors jeu ses concurrents, par le biais de ses différents services. La Commission Européenne a examiné la composition exacte des membres de la Libra Association et a fait le constat que Facebook travaillait tout seul au développement de la cryptomonnaie, sans consulter ses partenaires. De quoi inquiéter les régulateurs européens.