Contrairement à 1,5 milliard de personnes, les fameux marines américains et autres soldats de la Navy n’auront plus le droit de s’amuser avec l’application la plus populaire du moment : TikTok. La marine américaine a annoncé la semaine passée, le 16 décembre, l’interdiction de TikTok sur les téléphones professionnels des militaires.

Interdiction de TikTok pour « raison de sécurité »

Un bulletin est apparu mardi 17 décembre sur une page Facebook destinée au militaire : l’application TikTok doit être supprimée de tous les téléphones professionnels des soldats sous peine de se voir exclus de l’intranet du Corps des Marines. Déjà le mois dernier les cadets, les soldats en devenir, avaient reçu l’ordre de ne pas utiliser l’application.

Les soldats américains peuvent habituellement installer leurs médias sociaux favoris sur leurs téléphones gouvernementaux. Certaines applications sont toutefois interdites pour des raisons de sécurité, TikTok vient de tomber dans ce domaine.

L’Armée, interrogée par Reuters, ne se s’est pas montrée spécialement loquaces sur les raisons qui ont motivé cette interdiction. Le porte-parole du Pentagone a simplement déclaré qu’il s’agissait de « répondre aux menaces existantes et émergentes ». La publication sur Facebook parlait également de « menace de cybersécurité » et d’une tentative pour préserver les « informations personnelles » des militaires rapporte Engadget.

Une méfiance nationale

Il n’est pas dit qu’une menace spécifique est été identifiée. Le gouvernement américain se méfie de longue date de l’application très populaire chez les jeunes du fait de sa maison mère, ByteDance, entreprise chinoise. En novembre déjà des sénateurs américains ont exigé une enquête sur TikTok pour des raisons de sécurité nationale.

ByteDance est soupçonnée d’utiliser l’application pour mener des missions d’espionnage aux États-Unis où l’application a été téléchargée plus de 110 millions de fois. Pour le moment les accusations d’espionnages restent de l’ordre du soupçon, mais déjà, fin novembre, une étudiante américaine avait porté plainte après avoir constaté que ses données privées étaient transférées en Chine par l’application.

Les militaires américains ont logiquement suivi les démarches des sénateurs et des enquêtes en cours. Quant aux soldats accros à l’appli, ils disposent d’une solution de repli : ils sont toujours autorisés à utiliser l’application sur leurs téléphones personnels. Pour le moment.