Le géant chinois Huawei devrait finalement jouer un rôle dans la construction des infrastructures 5G italiennes. C’est du moins ce qu’a indiqué le Ministre italien de l’industrie ce dimanche, à l’issue d’une commission parlementaire qui avait pourtant pour objectif de barrer la route de Huawei en Italie.

Cette position, que les autorités italiennes devront toutefois confirmer à l’avenir, vient en opposition à la posture américaine vis-à-vis de Huawei et de ZTE. Depuis près de deux ans, les Etats-Unis, sous la houlette de l’administration Trump, visent à éliminer les deux entreprises chinoises de la course au réseau 5G sur leur territoire, mais aussi sur le vieux continent. Pour ce faire, Donald Trump fait pression depuis des mois sur ses alliés européens, les enjoignant à suivre son exemple et à bannir Huawei et ZTE de leurs prochaines infrastructures réseau.

L’Italie semble vouloir emprunter une autre voie que celle suggérée avec insistance par les Etats-Unis, qui accusent toujours Huawei et ZTE, sur fond de présomption d’espionnage pour le compte du gouvernement chinois, de représenter une menace pour leur sécurité nationale.

Huawei offre les meilleures solutions aux meilleurs prix

Nous avons adopté une loi qui garantit la sécurité nationale. Avec les bonnes protections, la possibilité d’un recours [à Huawei] n’est pas à débattre“, a ainsi déclaré le ministre Stefano Patuanelli auprès du quotidien italien La Stampa (cité par Reuters).

Cette position va également à l’encontre des conclusions de l’organe parlementaire COPASIR (Comitato parlamentare per la sicurezza della Repubblica), qui pointait que le gouvernement italien devrait envisager de ne pas inclure les deux géants asiatiques dans son projet de développement du réseau 5G national. Un avis auquel se rallie également Riccardo Fraccaro (sous-secrétaire d’Etat), pourtant membre du parti populiste Movimento 5 Stelle, au même titre que Stefano Patuanelli.

Huawei offre les meilleures solutions aux meilleurs prix“, assurait quoi qu’il en soit Stefano Patuanelli ce dimanche. “Vous ne pouvez pas brandir d’une main les réalités du marché, et de l’autre agiter le drapeau du protectionnisme“, a poursuivi le Ministre de l’industrie.

Cette divergence de point de vue au sein même des autorités italiennes intervient alors que la TIM, le plus gros groupe de télécoms en Italie, est actuellement en train de choisir quels fournisseurs privilégier pour la création de son futur réseau 5G.