D’après Gartner, un cabinet d’étude américain, 745 000 véhicules autonomes circuleront en 2023. En 2018 ils n’étaient que 137 000.

L’évolution des réglementations va tout changer

Gartner estime que c’est en Amérique du Nord, en Europe de l’Ouest et en Chine, que cette croissance sera la plus visible. En effet, le cabinet de consulting américain dit que ces régions du monde seront les premières à introduire de nouvelles réglementations qui permettront aux véhicules de circuler légalement. C’est aujourd’hui le cœur du problème : la législation de certains pays ne permet pas aux constructeurs de tester leurs véhicules. Gartner estime que c’est un frein pour le développement des voitures autonomes. D’après Jonathan Davenport, analyste chez Gartner :

« À ce jour, il n’y a pas un seul véhicule qui circule de manière totalement autonome sur les routes du monde. Évidemment nous le savons, il existe des véhicules ayant des capacités autonomes mesurées et limitées. Ces derniers dépendent toujours de la surveillance d’un conducteur humain. Toutefois, bon nombre de ces véhicules sont équipés de matériel, y compris des caméras, des radars et, dans certains cas, des capteurs LIDAR, qui pourraient assurer une autonomie complète. Avec une mise à jour, ces véhicules pourraient commencer à fonctionner à des niveaux d’autonomie plus élevés, c’est pourquoi nous les classons dans la catégorie autonomes-prêts « .

Voici l’évolution du nombre de véhicules autonomes au fil des années, selon Gartner :

Évolution des véhicules autonomes.

Crédit : Gartner

La simulation : clé de voûte du marché

Le coût de fabrication des voitures autonomes va diminuer. En effet, les chercheurs estiment que d’ici 2026, le coût des capteurs nécessaires aux fonctionnalités de conduite autonome, sera 25% inférieur à son coût de 2020. Malgré cette baisse des coûts, les technologies des véhicules autonomes restent très chères et le rapport indique que seuls les véhicules de luxe pourront être dotés de fonctionnalités autonomes. Aujourd’hui, un véhicule autonome coûte entre 270 000 et 360 000 euros. Le seul dispositif LIDAR peut coûter jusqu’à 68 000 euros pour chaque véhicule. C’est déjà plus du double du prix d’un véhicule « classique ». Pour le moment, les véhicules autonomes sont hors de portée du marché grand public.

Pour accélérer le développement des véhicules autonomes, les constructeurs utilisent des logiciels de simulation alimentés par l’intelligence artificielle pour comprendre comment les véhicules réagiraient dans différentes situations. C’est notamment le cas de Waymo, filiale d’Alphabet. En juillet, l’entreprise annonçait que ses véhicules autonomes avaient déjà parcouru plus de 10 milliards de kilomètres de manière virtuelle. L’entreprise vient justement de faire l’acquisition de Latent Logic, une entreprise britannique spécialisée dans la “simulation”, pour aller encore plus loin.

D’après Michael Ramsey, directeur de l’étude réalisée par Gartner : « l’un des plus grands défis de l’industrie sera de déterminer quand les véhicules autonomes seront suffisamment sûrs pour être utilisés sur la route. Il est aujourd’hui trop difficile de créer des tests de sécurité capables de saisir les réactions des véhicules dans une gamme exhaustive de circonstances. Il ne suffira pas qu’un véhicule autonome soit légèrement meilleur conducteur qu’un humain, ils devront être irréprochables ».