Uber cherche à réduire la voilure. Pour y parvenir, le géant américain serait sur le point de vendre son activité UberEats en Inde, à Zomato, le principal concurrent dans le pays. Des sources internes se sont confiées à TechCrunch à propos de cette opération.

Vendre pour retrouver un nouveau souffle

D’après l’une des sources, l’opération de rachat serait évaluée à 400 millions de dollars (360 millions d’euros). Si ce rachat venait à être effectif, Uber pourrait investir la somme de 200 millions de dollars (180 millions d’euros) au capital de Zomato. Cette entreprise indienne vieille de 11 ans est extrêmement bien implantée dans le pays. Malgré une politique commerciale très agressive, UberEats n’a jamais réussi à concurrencer ce pilier de la livraison de nourriture en Inde.

Uber n’a pour le moment pas souhaité commenter cette opération. Uber et Zomato sont toujours en cours de négociation des termes du contrat, mais l’accord pourrait être finalisé avant la fin de l’année. Le Times of India a même consacré une publication au sujet le mois dernier. Ces pourparlers interviennent au moment Zomato est sur le point de réaliser une nouvelle levée de fonds de 600 millions de dollars auprès de Ant Financial, une société chinoise.

UberEats n’y arrive pas en Inde

En Inde, Uber n’y arrive pas. C’est la particularité de ce marché : les acteurs locaux ont un pouvoir très fort auprès des indiens et les entreprises occidentales peuvent rapidement s’y casser les dents. En réalité, UberEats n’a jamais vraiment menacé Zomato. En octobre, lorsque Dara Khosrowshahi, PDG d’Uber est venu en Inde, il a déclaré que la stratégie restait inchangée et que l’entreprise restait engagée en Inde. Néanmoins, il a parfaitement su éviter toutes les questions à propos d’UberEats. En août, il déclarait que :

« En ce moment, le marché est très, très compétitif. Il y a en Inde quelques concurrents très forts. En général, nous aimerions être le numéro 1 ou le numéro 2 dans chacun de nos marchés. En ce moment en Inde, nous sommes le numéro 3 et cela ne nous satisfait pas. L’équipe sait donc qu’il y a du pain sur la planche, mais nous sommes sur la bonne voie ».

Cette opération n’est pas sans nous rappeler le retrait d’Uber en Asie du Sud-Est l’année dernière. Présente depuis plusieurs années en Asie, la société a indiqué le 25 mars 2018 qu’elle cédait ses activités à l’un de ses principaux concurrents du territoire, le singapourien Grab. Pour rappel, ce dernier comptabilise pas moins de 2,1 millions de chauffeurs dans la zone concernée. Déjà à l’époque, ce n’était pas la première fois que le groupe prenait une telle décision. En effet, Uber avait quitté la Chine en 2016 au profit de Didi Chuxing. Attendons de voir ce qu’il se passera en Inde.