Créé en 2005, Google.org est une branche du géant de Mountain View qui finance et aide des associations à but non lucratif utilisant la technologie pour traiter différentes problématiques mondiales. Google.org a notamment soutenu l’association Vera qui compte s’attaquer, grâce aux data, à la surpopulation carcérale américaine.

En avril de cette année, le nombre de personnes emprisonnées aux États-Unis en 2017 était d’un peu moins de 1,5 million. Un chiffre énorme, selon plusieurs classements les États-Unis est le pays il y a le plus de prisonniers au monde. Fin 2017 Les Échos rapportaient que 45% des citoyens américains ont eu un de leurs proches incarcérés.

Un pays tout juste sensibilisé au problème de la surpopulation carcérale

Les Américains sont bien conscients de cette problématique, en 2017 un sondage de l’American Civil Liberties Union a révélé que 71% de la population interrogé estimaient important que le pays réduise sa population carcérale. Fin 2018 républicain et démocrate se sont entendus pour signer une réforme du système pénale ayant pour objectif la réduction des peines d’emprisonnement.

L’initiative de l’association Vera, appelée In Our Backyards, vise justement à suivre au plus près les effets de ces différentes réformes. Constatant qu’il fallait à l’état fédéral un certain temps pour estimer la population carcérale, le dernier recensement général date de 2013 et l’estimation la plus récente est celle précédemment citée de 2017. Aria Ashton qui a collaboré avec Vera sur le projet explique, “L’ambition était d’obtenir une image complète du nombre de personnes détenues dans les prisons de comté en temps quasi réel, et pour quelles raisons“.

Vera estime la population carcérale nationale et le taux d’incarcération grâce à un échantillon de 861 administrations carcérales, réparties dans 21 États en mi-2018 et mi-2019, le tout ventilé selon le type de territoire.

Pour réaliser ce travail, Google.org a accordé à l’association une subvention de 4 millions de dollars et 12 membres de Google.org ont aidé les chercheurs de l’association durant 6 mois. Aria Ashton, détaché de Google.org détaille l’aide qu’elle a pu apporter au projet, “les ressources d’ingénierie peuvent faire beaucoup pour développer une solution technique comme celle-ci. […] Nous n’avions pas les mêmes hypothèses, alors nous avons pu remettre en question les approches et proposer de nouvelles solutions“.

Moins de prisonniers dans les villes, plus dans les campagnes

Grâce aux travaux de l’association, un phénomène global a pu être dégagé. Les grands centres urbains emprisonnent moins, voire beaucoup de moins de personnes au contraire des zones rurales.

Au totale, entre 2013 et mi-2019 18% de personnes de moins ont été incarcérés dans les métropoles. Le cas de Chicago est éloquent avec une baisse de 42%. Dans les zones rurales, l’augmentation constatée est de 27%. Dans les zones périurbaines, l’augmentation est de 7%.

Au totale, poussé par cette dynamique des zones rurales entre mi-2017 et mi-2019 la population carcérale a augmenté de 1,8% et ceux, malgré les réformes mises en place par les États-Unis. Le travail de Vera, aidé par Google.org en mettant en évidence cette inégalité entre ville et campagnes pourra aider les autorités à travailler plus précisément pour réduire la population carcérale américaine.