Le nouveau rapport de l’ONU sur les émissions de gaz à effet de serre dans le monde est alarmant. Malgré l’Accord de Paris, les émissions ont atteint un nouveau record en 2018 et désormais, nous devons les réduire de 7,6% chaque année pour espérer limiter le réchauffement climatique.

2018, nouveau record des émissions de gaz à effet de serre

55,3 gigatonnes de CO2 ont été expulsées dans l’atmosphère en 2018. Ce record vient un peu plus ternir les espoirs d’atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris, qui étaient de limiter à +1,5°C la hausse des températures d’ici la fin du siècle par rapport à l’ère préindustrielle. Or, nous sommes d’ores et déjà à +1°C… Ainsi, sur les dix dernières années, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 1,5% par an, les pays du G20 représentent à eux seuls 78% de ces émissions.

Le rapport est catégorique : même si les pays qui se sont engagés dans l’Accord de Paris respectent leurs engagements, les températures connaîtront une hausse de 3,2°C au cours du siècle. Si rien ne change par rapport à aujourd’hui, elles pourraient atteindre +3,9°C… Afin de parvenir à maintenir la hausse à 1,5°C, ils doivent désormais multiplier par 5 leurs efforts.

En outre, cet objectif ne sera atteignable que si les émissions de gaz à effet de serre baissent de 7,6% chaque année de 2020 à 2030. Si des mesures avaient été prises dès 2010, cette baisse n’aurait dû être que de 3,3% par an. “Dix ans de procrastination climatique nous ont mené là où nous sommes”, a ainsi déclaré Inger Andersen, patronne du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

Un changement radical dans nos sociétés, dès maintenant

Pour atteindre ces nouveaux objectifs, le rapport préconise un changement radical dans la société et une transition à échelle mondiale. Malgré les investissements colossaux que cela nécessite, il est désormais impossible de prendre du retard, car limiter le changement climatique en deviendra toujours plus difficile. Les conséquences de ce changement se font déjà ressentir, comme en témoignent ces images de l’Europe. Le rapport annonce par ailleurs “des extinctions de masse et des parties de la planète qui deviendraient inhabitables” si les choses ne changent pas. Des phénomènes climatiques toujours plus intenses et mortels sont également à prévoir.

Le rapport sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions 2019 arrive au bon moment. Dès la semaine prochaine, la COP25 se tiendra à Madrid, où les auteurs du rapport espèrent que des mesures urgentes seront prises. Malheureusement, le climat actuel des choses peut rendre assez pessimiste, surtout lorsque l’on sait que les États-Unis et le Brésil, deux des plus gros pollueurs de la planète, ne respectent pas leurs engagements.