Même si la CIA affirme que Huawei est financé par la Chine, son exclusion ne sera pas automatique en France, et c’est le gouvernement qui l’a décidé. Le constructeur chinois est accusé par les États-Unis, depuis plusieurs mois, d’entretenir des liens étroits avec le régime chinois.

Une décision sera prise en fonction de la sécurité des Français

Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, s’est voulue claire à propos du sort de Huawei en France : « Le gouvernement ne prendra pas de position d’exclusion ou d’autorisation automatique car nous avons une responsabilité : la sécurité des français ».

Ainsi, la décision ne sera pas basée sur celle prise par les État-Unis, ni même l’Australie, mais bel et bien sur des recommandations qui seront faites par l’ANSSI, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information.

En effet, l’agence présentera le dossier au premier ministre et c’est lui qui prendra la décision d’autoriser ou d’exclure Huawei des équipementiers français. Le verdict du premier ministre sera basé sur les recommandations de l’ANSSI, mais aussi sur un décret validé par le conseil d’État, il y a quelques jours.

Aucun engagement d’exclusion de Huawei n’a été conclu avec les États-Unis

Autrement dit, la France décidera seule ! L’exécutif tient à affirmer qu’aucun accord n’a été passé avec Donald Trump pour bloquer Huawei sur le marché français. Cependant, cela n’assure pas non plus un accès assuré au constructeur chinois.

Cette prise de décision concernant Huawei s’inscrit dans un contexte compliqué pour le constructeur qui est la cible de nombreuses accusations depuis des mois, mais aussi dans la volonté de l’État français de sécuriser les réseaux 5G. Une loi a d’ailleurs été votée à ce sujet en juillet dernier, elle prévoit entre autres « un régime d’autorisation préalable, fondé sur des motifs de défense et de sécurité nationale, des équipements de réseaux ».

Huawei sera donc traité comme n’importe quel autre constructeur souhaitant devenir équipementier en France, reste maintenant à patienter jusqu’à la prise de décision finale.