S’il ne fallait retenir qu’une chose de cette quatrième édition organisée par Mastercard, c’est bien cette phrase. Prononcée par Solveig Honoré Hatton, directrice générale de Mastercard France, en ouverture du Mastercard Innovation Forum.

« La confiance est devenue un moteur, un impératif lorsqu’il s’agit d’innover. »

La confiance : une nouvelle responsabilité

La notion de confiance impose un concept d’interdépendance. Confiance en son équipe pour mener à bien un projet, confiance en soi pour se dépasser et atteindre ses objectifs, confiance en l’entreprise à laquelle on confie ses données, confiance dans les institutions pour s’adapter à nos nouveaux modes vie … C’est de tout cela dont il a été question durant le Mastercard Innovation Forum, avec, comme son nom l’indique, l’innovation au centre des interventions.

C’est d’ailleurs Franky Zapata qui a inauguré le sujet fil rouge de la conférence. L’inventeur français a subjugué le monde entier avec son flyboard. Passé par la compétition de jet ski dès ses 16 ans, jusqu’à leur conception, sa passion l’a guidé jusqu’au développement de cet engin unique au monde. Avec lui, il a traversé La Manche en bravant de lourdes contraintes, en ayant, là, « peut-être (…) un excès de confiance ».

Dans une approche bien différente, mais ô combien importante, Jessica Bria, CTO de la ville de Barcelone a évoqué les enjeux liés à la confiance et au développement des technologies en ville. Si la capitale catalane est un modèle pour le reste des métropoles qui aspirent à devenir des smart cities, elle a dû, comme toutes les villes, s’adapter aux attentes des habitants. « Les citoyens ne font plus confiance aux institutions publiques. Ils ne croient pas que nous ayons une vision d’avenir, que nous travaillons à résoudre leurs problèmes, » a-t-elle expliqué sur scène.

Outre la ville de demain ou le sport extrême, la cybersécurité était un sujet phare de la journée. C’est un domaine d’autant plus important lorsqu’on connecte chaque jour des centaines de millions d’acheteurs et de vendeurs. Pour ce faire, il faut un partenaire de taille, mais ça ne fait pas tout. « La confiance, c’est bien. Rendre tout numérique sans penser à la sécurité, ce n’est peut-être pas aussi bien » a alerté Ilan Graicer, hacker et expert en sécurité informatique. Dans le secteur bancaire, il y a effectivement cette notion de confiance implicite, subtile, mais terriblement importante, rappelée à juste titre sur scène par Rigo van den Broek, senior VP Cyber & intelligence solutions de Mastercard Europe.

Enfin, le MIF 2019 aura passé en revue les thématiques clés du moment pour Mastercard en abordant son soutien de taille à l’eSport ; en faisant intervenir artistes et sportifs ; en invitant Isaac Getz pour évoquer L’Entreprise Altruiste. Un panel de sujets forts et d’actualité ont une nouvelle fois fait de ce rendez-vous un incontournable pour les invités de Mastercard.

Quatre intervenants livrent leur vision de l’innovation

Durant la journée, Siècle Digital a sélectionné quatre conférenciers intervenant sur quatre domaines différents qui ont partagé leur conception de l’innovation.

« Pour moi, et c’est ce que j’essaie d’inculquer à mon équipe, l’innovation c’est être pionnier, c’est avancer et essayer d’avancer dans ce monde en le construisant. (…) c’est essayer de laisser une pierre. De laisser quelque chose , une trace. En être fier et rendre fiers les gens auxquels je tiens, » Franky Zapata.

« Pour moi, l’innovation représente la capacité de définir d’importantes missions pour l’avenir et d’utiliser toutes les ressources, collectivement, pour relever ces défis. Je pense donc que l’innovation est axée sur une mission. On part du problème, il peut s’agir du dérèglement climatique par exemple, puis on mobilise l’intelligence collective et les ressources collectives pour résoudre ces grands défis sociaux et environnementaux que nous avons… C’est ce que l’innovation peut apporter. Ce qui signifie aussi que les moyens doivent être cumulatifs et s’adresser à tout le monde, » nous a précisé Jessica Bria, CTO de la ville de Barcelone.

« Je pense que l’innovation est en partie une exigence, et en partie un art. De toute évidence, nous [Twitch, ndlr] devons innover pour conserver notre public, pour assurer la croissance de notre entreprise et toutes sortes de choses. En même temps, nous devons développer des éléments auxquels les gens attachent de l’importance. Et il y a un certain type de science et d’art qui va de pair avec l’innovation… Je pense que chez Twitch, il est question d’écouter. L’une des valeurs de notre entreprise est d’être à l’écoute de notre public et de lui permettre de nous dire ce qu’il cherche et ce qu’il veut. Nous avons beaucoup de chance car les gamers ont des opinions très tranchées et se font entendre sur ce qu’ils aimeraient voir. Ils nous disent ce qu’ils veulent. Il s’agit donc d’écouter, de comprendre, et d’essayer d’y répondre. Je pense que c’est comme ça que Twitch voit l’innovation. Nous ne sommes pas le client, n’est-ce pas ? Nos consommateurs le sont. Nos diffuseurs le sont. Notre client le plus important est l’utilisateur. Et notre objectif est de leur fournir les produits et services qu’ils veulent et dont ils ont besoin pour qu’ils restent sur notre plateforme et qu’ils fassent partie de l’écosystème, » nous a détaillé Nathan Lindberg, responsable des partenariats de Twitch.

La réponse la plus surprenante restera celle d’Ilan Graicer : « L’innovation consiste à trouver des solutions aux problèmes que les gens ne se sont pas rendu compte qu’ils avaient. »