L’Agence européenne Europol et la police fédérale belge ont mené une vaste cyberattaque contre l’Amaq, principal outil de propagande du groupe État Islamique sur Internet. Au total, ce sont plusieurs milliers de comptes, de sites et canaux de communication qui ont été neutralisés, rapporte RTBF.

Utiliser les réseaux sociaux pour recruter

L’État Islamique se sert largement d’Internet pour sa propagande. Réseaux sociaux, messageries instantanées, sites Internet… Les outils sont nombreux et, malheureusement, certains n’ont pas les moyens pour faire face à l’ampleur du phénomène et parvenir à le contrôler. En 2016 par exemple, les auteurs de l’attentat de l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray communiquaient via Telegram. Plus récemment, c’est l’application TikTok qui était pointée du doigt : utilisée comme outil de propagande par Daesh, elle avait réagi en supprimant une vingtaine de comptes de sa plateforme.

En outre, l’organisation terroriste a longtemps utilisé des mastodontes du net, comme Facebook et Twitter, pour recruter de nouveaux membres, bien que ces réseaux sociaux soient désormais mieux munis pour affronter ce problème. Ces plateformes ont donc compris le rôle qu’elles ont à jouer, et c’est notamment grâce à l’aide de neuf d’entre elles que cette cyberattaque a pu avoir lieu. Parmi elles, on peut notamment citer Instagram, Twitter, Telegram ou encore Google.

26 000 comptes et sites fermés

C’est après une enquête méticuleuse menée par la police fédérale belge que l’étau s’est refermé sur l’Amaq, “agence de presse” et outil de propagande de Daesh. Conjointement avec Europol, les autorités du plat pays ont orchestré une cyberattaque qui a duré deux jours et s’est achevée le dimanche 24 novembre.

En s’attaquant directement au serveurs du groupe terroriste, les enquêteurs et experts ont été en mesure de fermer 26 000 comptes et sites Internet liés à sa propagande, comme l’a précisé Patrick Willcokx, membre de la police belge, lors d’une conférence de presse. Ce chiffre est toutefois amené à évoluer. En outre, l’enquête a entraîné l’arrestation d’un homme aux îles Canaries, en Espagne.

En 2018, une cyberattaque similaire avait déjà été menée contre l’État Islamique, mais l’organisation était parvenue à relancer son outil de propagande. Actuellement, le groupe essaye à nouveau de le réamorcer sans y parvenir.