Comme la Russie, l’Iran dispose d’un Internet “national”. Depuis longtemps, le pays est considéré comme un État très fermé. NetBlocks.org rapporte que le gouvernement iranien, après avoir bloqué Telegram, vient de priver ses habitants d’Internet en représailles à l’escalade des protestations, déclenchées suite à une hausse du prix du carburant.

L’Iran coupe l’accès à Internet

Il fallait s’y attendre. L’Iran fait une véritable démonstration de force en prouvant qu’il est capable d’isoler totalement ses habitants du reste du monde. Babak Taghvaee, analyste et historien de la défense, basé à l’extérieur de l’Iran, confirme que la communication avec ses contacts dans le pays a été rompue. Le seul moyen possible pour communiquer avec les iraniens est le téléphone, même si l’État surveille minutieusement les conversations.

Babak Taghvaee précise que : “Internet est complètement fermé et je ne peux plus communiquer avec personne. Les iraniens peuvent tout de même appeler vers l’étranger, uniquement dans certains pays, en utilisant leur téléphone, mais ils savent qu’ils sont surveillés”. Néanmoins, quelques personnes ont encore accès à de la data. Certains tweets ont pu partir du pays, celui-ci vient de Téhéran et montre comment la circulation s’est ralentie en raison de la fermeture de certaines routes :

L’Iran espère maîtriser la colère de ses habitants

Si de telles manifestations se sont produites, c’est parce que le gouvernement veut augmenter le prix de l’essence de 50%. Une aberration quand on sait que l’Iran possède l’une des plus grandes réserves de pétrole brut au monde. Les habitants en ont conscience et considèrent le pétrole comme un droit naturel.

Les iraniens utilisent leur voiture pour se déplacer et aller au travail quotidiennement. Une augmentation de 50% du prix du pétrole serait dramatique pour eux. Une telle hausse des prix réduirait violemment le rythme de vie des classes moyennes. Cette annonce a fait office d’étincelle. En effet, des frustrations croissantes commencent à s’installer. Les iraniens ne veulent plus se laisser faire.

Couper Internet : une pratique qui se banalise

Le fait qu’un gouvernement coupe l’accès à Internet à ses habitants pour éviter qu’il ne puisse communiquer entre eux ou vers le monde extérieur n’est pas une mesure sans précédent. Cette technique a déjà été utilisée par plusieurs régimes non démocratiques qui veulent contrôler leur population. Par exemple, en septembre le Pakistan coupait aussi l’accès à Internet pour ses habitants.

Au début du mois, la Russie aussi approuvait un Internet “souverain”. Désormais, le gouvernement russe a le pouvoir de bloquer l’accès au contenu, de l’intérieur ou de l’extérieur de la Russie “en cas d’urgence”. Vous vous en doutez : c’est au gouvernement russe de décider s’il s’agit d’un cas de force majeure ou non. Officiellement la Russie espère pouvoir lutter contre les cyberattaques grâce à cette nouvelle loi. Il est alarmant de constater l’utilisation de ces pratiques semble se banaliser.