L’ergonomie et l’aménagement de l’espace sont aujourd’hui largement pris en compte comme des facteurs de bien-être et de productivité dans les entreprises. Ce sont néanmoins des préoccupations encore en devenir dans les établissements d’études supérieures. Afin de permettre à leurs étudiants de travailler de manière efficace et collective, ces derniers doivent adapter leurs apprentissages et leurs enseignements, en s’inspirant des nouveaux modes organisationnels dorénavant en vigueur dans les entreprises, afin de servir l’attractivité de leur marque employeur.

Les étudiants interagissent de façon totalement différente par rapport aux générations précédentes. Comment les écoles intègrent-elles donc un usage quotidien des technologies dans leur processus pédagogique ?

L’innovation au service de la pédagogie

Les écoles privées sont soumises à une concurrence intense au niveau national comme au niveau international, et l’enjeu pour elles est de diversifier et renouveler assidûment leur vivier d’élèves afin de se différencier. L’expérience étudiante est en effet devenue un argument de recrutement capital pour les écoles et cela transparaît de plus et de manière explicite dans leur communication.

Lorsque NEOMA Business School intègre à ses programmes des supports pédagogiques en réalité virtuelle immersive et que l’ESSEC propose une bibliothèque digitale de 900m², on ne peut que constater que les offres variées de blended learning font désormais partie intégrante de leurs stratégies de différenciation. Celui-ci permet d’articuler l’apprentissage autonome et à distance des étudiants via des ressources numériques et l’apprentissage en collectif et en 1-to-1.

D’ailleurs, si l’enthousiasme suscité par les MOOC est retombé, cette forme de pédagogie a créé un choc dans l’enseignement supérieur et a fait prendre conscience aux différents acteurs du milieu que grâce à l’innovation et au numérique, l’étudiant et l’enseignant sont remis au centre de l’apprentissage et que le mode projet fait toute la différence.

Repenser les espaces, un levier de communication et de différenciation

Ces nouvelles façons d’apprendre, qui font l’objet des besoins des étudiants d’aujourd’hui, sont des sources d’inspiration inépuisables pour les établissements d’enseignement supérieur, qui incluent dans leur projet ces nouveaux modes de travail afin de favoriser l’émulation de l’apprentissage.

Désormais, la façon d’organiser l’espace est tout à fait différente : même si les amphithéâtres demeurent, les espaces pensés et réaménagés sont de plus en plus nombreux pour faciliter le travail en groupe. Cela suppose de la part des écoles une stratégie de développement immobilier incluant cette évolution posturale et comportementale pour permettre à leurs étudiants de cumuler et capitaliser expérience réelle et virtuelle.

On remarque aujourd’hui que les écoles vont alors vers de nouveaux business models, afin d’allier leur développement numérique à leur expansion immobilière. En mai dernier, SKEMA Business School a par exemple annoncé son nouveau campus parisien dès la rentrée 2020. Celui-ci disposera de 30 000 m² dont près de la moitié d’espaces pédagogiques : 2 amphis, 40 salles d’enseignement, le Knowledge Center, de multiples espaces de co-working et de détente, ainsi que des espaces dédiés à la recherche et à l’innovation. De son côté, KEDGE Business School a prévu d’allouer un pourcentage non-négligeable de son chiffre d’affaires dans les investissements immobiliers.

Etant donnée la concurrence accrue à laquelle elles font face, il devient donc essentiel que les écoles soient accompagnées par des experts pour comprendre leurs enjeux mais aussi pour analyser la faisabilité de leurs projets immobiliers. Il s’agit ici de lier stratégie de développement et stratégie immobilière dans un marketing des espaces structuré, en projetant leur marque & leur identité dans les campus, pour que ceux-ci deviennent leur premier moyen de communication.