Après l’avoir testé en interne, Instagram va tenter de dissimuler les “likes” sur sa plateforme, pour une partie des utilisateurs américains. Le PDG du réseau social, Adam Mosseri, est convaincu que la recherche de l’engagement à tout prix favorise un environnement malsain. Il cherche un moyen d’y remédier.

Les likes comptent plus que le contenu en lui-même

Après avoir fait quelques tests similaires en Australie, au Brésil, en Irlande, au Japon, en Italie et en Nouvelle-Zélande en juillet, Instagram s’attaque aux États-Unis et étend sa version “sans j’aime”. Depuis plusieurs années maintenant nous vivons dans un environnement dicté par le nombre de “likes”. Nous vivons dans un monde où le narcissisme règne en maître et où le nombre de “likes” semble plus compter que le contenu en lui-même. L’engagement est certainement le critère de mesure le plus important et le plus scruté par les professionnels du marketing.

Si Instagram décidait réellement de dissimuler les “likes” pour tout le monde, de grands changements pourraient avoir lieu dans les stratégies des marques. C’est peut-être justement ce que recherche Adam Mosseri ? Le PDG d’Instagram est en effet convaincu que lorsque les utilisateurs du réseau social adaptent leur contenu pour susciter un maximum d’engagement, il en résulte un environnement radicalisé qui rend presque impossible les conversations saines et réfléchies.

Adam Mosseri a tweeté à ce propos ce week-end : “nous avons testé la possibilité de rendre les likes privés dans plusieurs pays. Nous étendons ces tests à une petite portion des gens aux États-Unis la semaine prochaine. Nous avons hâte de voir les retours d’expérience”.

 

Instagram : un véritable laboratoire comportemental

Si vous postez une photo et que personne ne voit combien de personnes l’ont aimée, est-ce qu’elle aura le même impact sur vous ? Les utilisateurs d’Instagram aux États-Unis vont vite le découvrir. Le réseau social veut devenir la plateforme la plus saine possible. Dans cette stratégie, Instagram a également développé des algorithmes et des filtres capables de supprimer les commentaires offensants ou ceux qui divisent au risque de devenir trop lisse. Pour Adam Mosseri :

“La course à l’engagement est néfaste pour l’humanité et pour la santé mentale de nos utilisateurs. En cherchant à tout prix à créer de l’engagement, on déforme le message et je suis persuadé que ce n’est pas une bonne chose”.

Vous l’avez compris, Adam Mosseri espère que la dissimulation des “likes” puisse “améliorer la santé mentale” de ses utilisateurs et surtout la qualité des conversations en ligne. Instagram serait également en train de travailler sur d’autres mesures pour améliorer la santé émotionnelle de ses utilisateurs. Il semblerait que l’entreprise travaille actuellement avec des thérapeutes et des ingénieurs afin de développer d’autres outils pour inciter les utilisateurs à prendre une pause quand ils en ont besoin.