Un pionnier du commerce en ligne français s’apprête à être racheté par Shopinvest. Lancé en 1999 et racheté en 2015 par Carrefour, Rue du Commerce peine à atteindre le seuil de rentabilité. Shopinvest veut relever le défi.

Quelle stratégie pour Shopinvest ?

Carrefour aurait reçu une offre de rachat suffisamment intéressante pour décider de se séparer de Rue du Commerce. D’après Les Échos, l’entièreté du capital pourrait être cédée. Shopinvest est une société qui a été fondée en 2011 par Karine Schrenzel. L’entreprise est déjà largement connue dans le pays pour avoir racheté Bijourama, Lookeor, SoFactory.fr ou encore 3 Suisses. Carrefour précise que :

“Ce projet de cession sera soumis aux instances représentatives du personnel mais les discussions amorcées vont dans la bonne direction”.

On peut présager qu’avec le rachat de Rue du Commerce, Shopinvest pourrait vouloir remettre les produits high-tech sur le devant de la scène pour compléter son offre. Tenter de devenir la plateforme de revente de produits technologiques de référence en France est un pari de taille. En revanche, même si le site n’est toujours pas rentable, Shopinvest récupère une plateforme parfaitement opérationnelle et bien ficelée.

Carrefour veut se concentrer sur l’alimentaire

Chez Rue du commerce, les 350 salariés s’apprêtent à vivre un nouveau un changement de direction et probablement la mise en place d’une nouvelle stratégie. Alors qu’initialement Rue du Commerce était un site de vente en ligne spécialisé dans la vente de produits technologiques, au fil des années on a observé une diversification dans les produits proposés.

Actuellement, 7 millions de références sont proposées sur Rue du Commerce. Avec l’ascension fulgurante d’Amazon, Alexandre Bompard, PDG de Carrefour estime qu’il est préférable de se concentrer sur le savoir-faire premier de l’entreprise : l’alimentaire.

Aujourd’hui, le site internet de Rue du Commerce dépend de celui de Carrefour.fr. En 2015, le rachat de Rue du Commerce entrait dans la politique de développement de l’enseigne de grande distribution française qui voulait à tout prix rattraper son retard sur Internet, notamment face à Cdiscount, filiale de Casino.

Certes, depuis 2018 le groupe Carrefour met le paquet sur le digital. Un investissement de 2,8 milliards d’euros est prévu sur les 5 années à venir. Il semblerait que le groupe ait l’ambition de : “devenir en 2022, le leader mondial dans le secteur de l’e-commerce alimentaire” mais “uniquement” de l’alimentaire.