Une collaboration entre Microsoft et les studios Warner Bros., baptisée le “Projet Silica” aura permis d’enregistrer une copie sur verre du film Superman, datant de 1978. Cette opération est une première, et vient tester le stockage sur un matériau dont la durée de vie serait fort avantageuse.

Le stockage sur verre

C’est lors de la keynote d’ouverture de la conférence Ignite en Floride, le 4 novembre, que les chercheurs de Microsoft ont pu annoncer leur exploit : un premier test aura permis à l’équipe de récupérer les données du long-métrage de Richar Donner pour les stocker sur du verre ordinaire, fait de quartz, et tenant sur un carré de 7,5×7,5 cm.

plaque de verre

C’est à l’aide d’un laser infrarouge que les données ont pu être encodées sour forme de « voxels », autrement dit en pixel 3D. La lecture des données est permise par des algorithmes d’apprentissage automatique (Machine learning). Cette technique permet de profiter de l’extrême résistance du matériau, offrant ainsi la possibilité aux studios de conserver les oeuvres cinématographiques pour des « milliers d’années », laisse supposer Ant Rowstron, à la tête des recherches sur le projet, dans un entretien avec Variety.

« Le verre de silice dure peut résister à l’eau bouillante, à la cuisson au four, au micro-ondes, à l’inondation, aux rayures, à la démagnétisation et à d’autres menaces environnementales qui peuvent détruire des archives historiques ou des trésors culturels sans prix si les choses vont mal » écrit Microsoft.

Sans trop penser aux scénarios pessimistes imaginables… cette nouvelle forme de technologie pourrait répondre plus simplement aux problèmes que pose la conservation des long-métrages. Les studios Warner Bros, fondés en 1920, ont en leur possession des millions de films, dont des chef-d’oeuvres à l’instar du Magicien d’Oz, de Casablanca, en passant par les compilations de Bugs Bunny & Co. Outre la place nécessaire pour stocker l’ensemble de ces oeuvres, un autre inconvénient majeur vient se poser : les variations de température, auxquelles les films encore sur pellicule sont extrêmement sensibles. Jusqu’ici réunis dans une salle où la température et l’humidité sont sous constante surveillance, il faut bien penser à l’avenir.

photo salle d'archives

Difficile de préserver les versions originales éternellement, mais sur des plaques de verre, peut-être… une mission en tout cas prise très au sérieux par les studios : « Notre mission est de préserver ces ressources originales à perpétuité » déclare ainsi Brad Collar, qui dirige les efforts menés à cet effet au sein des studios Warner Bros.

Si les équipes de Microsoft voient pour leur part un moyen de tester ce type de stockage pour un jour l’intégrer au cloud Azure, on ne peut qu’espérer le déploiement de cette technologie. Car, pour les jours où “cela ira mal”, dans 10, 100 ou même des milliers d’années pourquoi pas, qui ne saurait trouver son réconfort en écoutant Over the rainbow de Judy Garland, chanté de sa voix si particulière – et inégalable -, flamboyante et mélancolique, et levant les yeux par dessus les arc-en-ciels ?…

Et pour la peine :