Plusieurs fois accusée par la presse et par les actionnaires de Google d’avoir caché des actes de harcèlement sexuel, Alphabet décide enfin d’ouvrir une enquête interne sur le sujet. CNBC rapporte que le conseil d’administration d’Alphabet veut comprendre ce qu’il se passe réellement en interne.

Les employés de Google se plaignent depuis longtemps

En 2017, les dirigeants d’Alphabet découvraient dans un article de The Information que David Drummond, directeur juridique de la maison mère de Google, avait eu une relation extraconjugale avec une employée du groupe. Aux États-Unis les relations entre un manager et son employé sont très mal perçues. Depuis plusieurs années déjà, les employés de Google accusent le groupe de ne pas prendre assez de mesure pour lutter contre le harcèlement sexuel en interne. Difficile de comprendre pourquoi une entreprise comme Google a attendu autant de temps pour prendre de telles mesures.

Une ancienne ingénieure de Google a annoncé sur Twitter en 2015 qu’elle était depuis longtemps harcelée sexuellement par la direction de Google et que malgré ses plaintes, le groupe ne faisait rien et soutenait même les auteurs de harcèlement. On se souvient qu’en novembre 2018, de Singapour à Londres ainsi qu’au siège social du groupe en Californie, des milliers d’employés de Google avaient demandé un arrêt de travail pour dénoncer la gestion du harcèlement sexuel au sein de l’entreprise.

Le harcèlement sexuel serait “répandu” chez Google

On se souvient aussi d’Andy Rubin, créateur d’Android. L’homme avait quitté la société après qu’une enquête interne ait déterminé qu’il avait (lui aussi) eu une relation “inappropriée” avec une subordonnée. Malgré les accusations portées à son encontre, Andy Rubin avait été payé par Google pour quitter l’entreprise. L’homme a reçu 90 millions de dollars (81 millions d’euros) pour s’en aller.

CNBC rapporte que : “le conseil d’administration a formé un sous-comité indépendant chargé de cette enquête et contracté un cabinet juridique pour l’assister et contacter les victimes présumées de ces harcèlements, d’après des documents que nous avons consulté”. Alphabet veut clairement éviter de devoir revivre ce genre de situation embarrassante et comprendre si d’autres actes de harcèlement sexuel ont actuellement lieu en interne.

Une pratique visiblement répandue dans le groupe : l’ancien vice-président de la recherche Amit Singhal a également reçu une somme pour quitter l’entreprise (15 millions de dollars, soit 13,5 millions d’euros) alors qu’il était accusé de harcèlement sexuel. Ces versements étaient approuvés par le Comité de développement de Google… Alphabet veut que cela change.