L’automatisation est la prochaine étape de la transformation numérique et digitale, déclare l’équipe du cabinet Forrester (spécialisé dans l’étude des marchés financiers, et l’impact des technologies). Faisant ainsi appel à plusieurs technologies comme la robotique, la livraison continue (Continuous Delivery), ou encore la gestion de cloud, l’automatisation représente un moyen pour les entreprises de développer des niveaux de personnalisation client plus efficace. Elle permet également une production et des services plus poussés, un acheminement plus sécurisé des produits, et un délai plus court de livraison.

Un marché en pleine évolution

L’automatisation risque d’entrainer la disparition de certains types de postes commence par rappeler l’étude de Forrester : en 2020, la robotique logicielle, les agents virtuels, les chatbots, et la gestion de décision fondée sur le Machine learning (apprentissage automatique) viendront remplacer 1,06 million d’emplois provenant de postes de travail, et de coordinateurs travaillant principalement dans la comptabilité et dans les ressources humaines. En contrepartie, les travailleurs avec un « savoir multidisciplinaire », les enseignants spécialisés dans le numérique, vont augmenter. L’étude parle de 331 500 nouveaux emplois en 2020. Contrepartie, certes, mais quelque peu insuffisante. Sans compter qu’un tel écart ne peut être compensé que par une évolution dans les enseignements et la formation sur le long terme. Aussi, si 2020 risque de marquer un changement de la composition du marché du travail, l’accent sera mis sur les problèmes économiques mondiaux, la distribution du travail et la stagnation des revenus, évaluent les auteurs du rapport.

Autre répercussion, au fur et à mesure que l’automatisation s’est installée au sein des entreprises, le MTTR (soit le temps des tâches de réparation) a augmenté. Les organisations seront donc obligées d’adapter les perspectives d’ingénierie pour pallier ce problème, et mettre en place des systèmes d’assistance d’intelligence artificielle efficaces, préconise l’étude.

Reste le marché RPA (Robotic Automation Process) qui devrait atteindre les 7,7 milliards de dollars, d’après le rapport, expliquant que l’Amérique du Nord, et l’Europe, en sont les plus friands. Suit l’Australie, l’Inde et le Japon, tous ont contribué à la croissance exponentielle de ces utilisations de l’automatisation, soit en se procurant les licences d’exploitation, soit en faisant avancer la production. Le cabinet ajoute que le nombre d’équipes d’intervention pour la maintenance de ces automatisations devraient croître lui aussi, pour voir le marché des services RPA atteindre les 12 milliards de dollars d’ici 2023.

Les services CI (littéralement « intégration continue ») et CD (distribution en continu) qui automatisent les étapes d’intégration, de livraisons d’applications et normalisent les configurations, seront amener à fusionner, explique le rapport. CloudBees (fournisseur de services logiciels) prévoit ainsi de combiner Electric Cloud et Jenkins en une seule offre pour 2020. Cette fusion tend, non seulement à faciliter les opérations, et à rendre le système d’automatisation plus fluide, mais devrait permettre également l’installation d’un meilleur chiffrement des données.

Enfin, conclut le rapport, les compagnies risquent de plus en plus de faire appel à de nouveaux outils RPA, ne serait-ce que pour assister les équipes d’intervention sur les systèmes d’automatisation, impliquant des architectes de robots et la cartographie des utilisateurs. Processus qui ne cessera de progresser dans les années à venir, donc. Rien de vraiment étonnant, toutefois il est utile de rappeler que le cabinet Forrester alerte sur un point tandis qu’il aborde les services d’automatisation des agents conversationnels, fort utilisés pour répondre à la clientèle : beaucoup sont finalement obligés de faire appel à un service humain, les chatbots ayant rarement la solution à leur problème. Et pour cause, les systèmes d’automatisation ont beau être sophistiqués, ils ne le sont pas encore suffisamment pour répondre à la majeure des questions posées. Fait non négligeable pour les entreprises qui veulent croître leur utilisation de l’automatisation, réclamant de nouveaux services de maintenance.

Pour asseoir l’importance du concept, le cabinet évoque le rapport de l’OIT (Organisation internationale du Travail), présenté à l’ONU début 2019, qui intègre l’automatisation. Celle-ci est évoquée en effet, pour illustrer les changements entrainés par les progrès technologiques. Dans ce même rapport, il est également rappelé qu’en considérant l’apparition de ces évolutions, indissociables des métamorphoses démographiques, et de la mondialisation, on ne peut ignorer la modification de la nature et de la forme du travail. Il apparait donc désormais essentiel de « reconnaitre le droit universel à l’apprentissage et à l’amélioration des compétences tout au long de la vie » indique le rapport, pour permettre l’adaptation et « l’égalité des chances dans le domaine des technologies », rappelant qu’un « travail décent est indissociablement lié à la paix, à la prospérité et au progrès dans le monde ».

Discours qui ouvre sur de grandes considérations, à la limite du bien-pensant, diront certains, mais qui somme toute est à prendre en compte : l’automatisation des tâches implique le développement de nouvelles compétences en termes de programmation, et de production, faisant ainsi appel à de nouveaux services techniques. Il convient sûrement de d’ores et déjà anticiper les futures spécialisations et les formations nécessaires à mettre en place dans ces domaines pour les décennies à venir.