Il y a quelques jours, 250 salariés du groupe ont rédigé une lettre directement adressée à Mark Zuckerberg pour lui demander de lutter contre les publicités politiques trompeuses. Aujourd’hui, le fondateur du réseau social ré-affirme sa volonté de ne pas censurer ces publicités politiques. Il invoque le respect du principe fondamental de la liberté d’expression.

Zuckerberg répond aux critiques de ses salariés

Une poignée de salariés de Facebook (250 tout de même) se sont engagés dans un bras de fer contre la direction. En effet, dans une lettre envoyée aux dirigeants de Facebook, ils dénoncent les informations mensongères diffusées par des personnalités politiques dans des publications sur Facebook.

Ils estiment que le réseau social a une nouvelle fois permis à des politiciens de diffuser de fausses informations. Pour les salariés : ce genre de pratique ne fait qu’accroître la méfiance des utilisateurs du monde entier (et des régulateurs) à l’égard de Facebook. Ils font des propositions claires pour tenter de remédier à ce fléau. On peut notamment lire dans leur lettre que :

“La désinformation nous affecte tous. Nos politiques actuelles sur la vérification des informations diffusées par les politiciens, ou par ceux qui se présentent aux élections, sont une menace pour ce que Facebook représente. Nous nous opposons fermement à cette politique dans sa forme actuelle. Elle permet aux politiciens de militariser notre plateforme en ciblant les gens qui croient que le contenu affiché par des personnalités politiques est digne de confiance.” 

Mark Zuckerberg n’est clairement pas d’accord avec ces critiques et affirme que Facebook n’interdira pas les publicités politiques. Il précise qu’il ne décide pas de le faire par intérêt financier car les publicités des politiciens représentent moins de 0,5 % des revenus de Facebook.

Zuckerberg explique que : “nous devons absolument défendre la liberté d’expression et le droit de parole. Nous devons faire attention à ne pas adopter plus de règles qui peuvent restreindre ce que les gens peuvent dire sur notre plateforme. Je ne pense pas qu’il soit juste que les politiciens soient censurés”.

Les publicités politiques seront interdites sur Twitter

De son côté, Twitter n’a pas tergiversé : les publicités politiques seront interdites à partir du 22 novembre. Ce choix est synonyme d’une véritable décision éthique et ne représentera pas une grande perte financière pour Twitter. Pour le fondateur de Twitter : “un message politique gagne du terrain lorsque les gens décident de suivre un compte ou de retweeter. Le fait de payer pour atteindre une audience enlève cette décision, et force les gens à recevoir des messages politiques parfaitement optimisés et ciblés”.

Facebook ne semble pas tirer les conséquences des élections présidentielles américaines de 2016. Nous savons désormais qu’à l’époque, 10 millions d’utilisateurs ont vu des publications sponsorisées par des russes. D’après Elliot Schrage, responsable de la communication chez Facebook à l’époque : 44% des publicités ont été vues avant les élections et 56% après. Ce sont 3000 publications sponsorisées issues d’un groupe lié au Kremlin connu sous le pseudonyme de Research Agency qui ont été diffusées pour tenter d’orienter les votes des électeurs américains.

Concernant les chiffres, tout va bien : Facebook annonce aujourd’hui un chiffre d’affaires de 17,7 milliards de dollars (15,8 milliards d’euros) au cours du troisième trimestre de 2019 : une augmentation de 28 % par rapport à la même période l’année dernière. À ce jour, Zuckerberg estime qu’environ 2,8 milliards de personnes utilisent au moins une application du groupe Facebook. L’entreprise ne cesse de grandir.