D’après Jane Manchun Wong, bien connue pour repérer les dernières actualités des réseaux sociaux et plateformes vidéo, Facebook serait en train de tester le chiffrement de bout en bout sur les appels vidéo et vocaux sur Messenger. Les tests se dérouleraient pour l’instant à partir de l’option « conversation secrète » uniquement.

 

Facebook poursuit ses objectifs

Depuis 2016, une option peut être activée sur Messenger, permettant aux utilisateurs de rendre leur conversation secrète. Une fois cette option activée, les messages échangés ne peuvent être lus ni par un tiers, ni par Facebook, ni par le fournisseur d’accès à Internet, et ce sur tous les appareils en même temps. Ce système, reposant sur le protocole open source de Signal, est le même que celui utilisé sur WhatsApp, service de messagerie, qui, comme chacun sait appartient à Facebook lui aussi.

Il semblerait qu’aujourd’hui le groupe ait l’intention d’étendre cette option aux appels vocaux et vidéo sur Messenger :

Mark Zuckerberg avait prévenu, le chiffrement de bout en bout sera maintenu. Et ce malgré la demande de plusieurs gouvernements – les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni – faite au réseau social : ouvrir une porte dérobée permettant l’accès aux échange en ligne, sous prétexte de lutter contre le terrorisme. Le fondateur de Facebook avait alors répondu par la négative, expliquant qu’il mettrait certaines conversations privées à disposition des enquêteurs, uniquement sur demande d’un juge.

Par ailleurs, Mark Zuckerberg démontrait la nécessité de maintenir le chiffrement de bout en bout sur les conversations privées des utilisateurs, celui-ci garantissant la confidentialité, et par conséquent la sécurité des journalistes, notamment. Principalement pour ceux qui oeuvrent dans des pays où la liberté de presse est bafouée, voire menacée. C’est ainsi que Facebook déclarait à Reuters qu’il était “fermement opposé aux tentatives du gouvernement de mettre en place des portes dérobées”.

Coïncidence ou non, ces tests de chiffrement sur les appels à partir de Messenger, ont lieu quelques jours à peine après que WhatsApp ait porté plainte contre un fournisseur de logiciel espion, offrant ainsi la possibilité à ses clients de pirater le système de messagerie, pourtant sécurisé. Les accusations portées contre ce fournisseur, NSO Group, à la réputation déjà bien entachée depuis quelques années, pointent du doigt deux éléments : les clients de NSO, qui sont soit des gouvernements – pour l’instant répertoriés au nombre de 20 – soit des services de renseignement – et les cibles espionnées : des journalistes, des défenseurs des droits humains, et des personnes de la société civile.

« Joli » prétexte pour défendre ce chiffrement de bout en bout qui manifestement n’est pas un luxe, et rallier du même coup les journalistes à cette cause, à l’instar de Washington Post par exemple, clairement engagé sur la question. À défaut d’être en mesure de poursuivre les autorités concernées pour espionnage, la tactique consiste à poursuivre la compagnie qui fournit une arme numérique puissante à des « gouvernements qui commettent de façon notoire de révoltantes violations des droits humains », ainsi décrits par Amnesty International.

Autre point non négligeable, même s’il reste légèrement en suspens depuis le passage de Mark Zuckerberg devant le Congrès américain, interrogé sur le projet Libra : comment Facebook compte garantir la sécurité des échanges des usagers, souhaitant faire des transactions avec cette cryptomonnaie, prévue pour courant 2020 ? Difficile de ne pas envisager le chiffrement de bout en bout comme une garantie supplémentaire de confidentialité.

D’un point de vue pratique, Facebook aurait également tout intérêt à mettre un système de messagerie croisée, et permettre aux utilisateurs de communiquer directement entre Messenger et WhatsApp par exemple.