La Chine vient d’adopter une nouvelle loi sur la cryptographie. Les législateurs ont approuvé cette loi à Beijing, le 26 octobre 2019, lors de la réunion de clôture du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale. Celle-ci devrait permettre de faciliter le développement des activités de la cryptographie et la sécurité du cyberespace selon le comité de la Constitution et du droit de la CPN, d’après l’agence de presse officielle Xinhua.

 

Une nouvelle preuve de la préparation d’une cryptomonnaie en Chine ?

La loi devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2020. Grâce à elle, l’État pourra encourager et soutenir la recherche et l’application de la science et de la technologie en cryptographie, d’après Xinhua. Elle devrait également garantir les droits de propriété intellectuelle, et permettra l’attribution des contributions exceptionnelles.

Cette version préliminaire adoptée samedi prévoit de différencier les types de cryptographie, et relève trois grands domaines : le domaine principal, commun et commercial. Si les deux premiers sont censés couvrir des informations confidentielles, et doivent être exclusivement gérés par les autorités, le dernier sert à la protection d’informations qui ne sont pas des secrets d’État, et peuvent être utilisées par les citoyens, rapporte Xinhua. Le problème de la responsabilité juridique est également abordé, en cas de piratage ou d’utilisation des données pour se livrer à des activités illégales rapporte Xinhua. Il s’agit donc d’établir une politique nationale autour de l’utilisation de la cryptographie, et par ce biais… celle de la cryptomonnaie.

Le journal Reuters rappelle à ce sujet que la Chine travaille – sur ordre du gouvernement – à la production d’une cryptomonnaie depuis 2014. En octobre 2019, des analystes de la Banque Royale du Canada et Forbes, déclaraient que celle-ci pourrait voir le jour dès le 11 novembre, soit 8 moins avant la Libra, annoncée pour juin 2020.

Si la Chine ne reconnait pas encore officiellement la cryptomonnaie, tout porte à croire qu’elle s’y prépare. Par ailleurs, la semaine passée, Forbes rapportait que de nombreux analystes avaient tenu le président Chinois Xi Jinping au fait de la nécessité de « saisir l’occasion » de la technologie de blockchain de Bitcoin pour le pays. Par la suite le président Xi aurait lui-même déclaré : « Nous devons considérer la blockchain comme une avancée importante pour l’innovation indépendante dans les technologies de base », propos tenus lors de la dernière étude collective du Bureau politique du Comité central à Beijing, d’après Forbes. Et de terminer en précisant qu’il fallait “accélérer le développement de la blockchain et de l’innovation industrielle”.

De quoi servir l’argumentation d’un Mark Zuckerberg, qui en défendant le projet Libra, a une nouvelle fois fait part des intentions de Pékin devant la Commission parlementaire des services financiers au Congrès à Washington, ce 23 octobre : la Chine se prépare à lancer un partenariat public-privé dans le secteur des cryptomonnaies « qu’ils sont bien décidés à exporter dans le monde ». D’après le fondateur de Facebook, les élus devraient « soupeser les risques d’un nouveau système par rapport aux menaces que représenterait un système financier chinois qui deviendrait le standard » rapporte Ouest france. Ci-dessous un tweet de Raymond Zhong, reporter au New York Times citant les propos de Mark Zuckerberg durant l’audience.

Si pour l’instant la Commission parlementaire des États-Unis et d’autres gouvernements – notamment en Europe – considèrent que la Libra peut représenter une menace pour la souveraineté monétaire des États, des risques de blanchiment d’argent, ou de protection de données personnelles, il semblerait cependant que cette nouvelle forme de paiement soit destinée à voir le jour. Et notamment en Chine. Mark Zuckerberg a également déclaré que des discussions tournent autour de la mise en place d’un système de paiement « à partir d’une monnaie souveraine spécifique plutôt qu’une nouvelle monnaie adossée à un panier de devises ».