Aux États-Unis, la Federal Trade Commission (FTC) veille au grain. Récemment, l’organe de régulation a fait une découverte surprenante. Dans le domaine des cosmétiques et de la mode, Sunday Riley aurait ordonné à ses employés de rédiger de fausses critiques sur le site web de Sephora, pour stimuler ses propres ventes.

Le web regorge-t-il de faux avis ?

Vous le savez probablement, mais il s’agit d’une pratique totalement déloyale et interdite. Un employeur ne peut pas demander à ses employés de rédiger de faux avis, dans le but d’améliorer l’image de sa marque. Au début, certains directeurs de Sunday Riley ont eux-mêmes créé de faux comptes pour pouvoir rédiger anonymement des commentaires sur le site web de Sephora.

Se rendant compte de l’impact que pouvaient avoir ces mauvais avis, ils ont ensuite demandé à leurs équipes d’en faire de même. La Federal Trade Commission précise que les auteurs de ces commentaires auraient même eu recours à l’utilisation de VPN (Virtual Private Network) pour tenter de masquer leur identité et simuler une connexion depuis un autre endroit. Sephora a rapidement eu vent de cette supercherie et a tenté d’enrayer le phénomène en alertant les autorités, mais une e-réputation se construit et se détruit extrêmement rapidement.

Page présentant les produits Sunday Riley sur le site de Sephora France

Les avis déposés sur le site de Sephora en France à propos de Sunday Riley sont-ils réels ? Source : Sephora

Comment punir ce genre de pratique ?

Vraisemblablement Sunday Riley va plutôt bien s’en tirer : la FTC a simplement demandé à l’entreprise de ne pas recommencer et de rédiger un règlement clair sur cette question. Voilà de quoi créer une polémique en interne à la FTC. En effet, Rohit Chopra et Rebecca Kelly Slaughter, deux membres de l’organisme de régulation ont souligné que Sunday Riley avait eu beaucoup de chance d’éviter de payer une amende et qu’elle n’a même pas eu à admettre sa culpabilité.

Ils estiment que : “cela n’est pas suffisant pour lutter contre l’épidémie des fausses critiques en ligne”. Ils craignent que d’autres entreprises continuent de rédiger de faux avis, puisque que la FTC n’est finalement pas si sévère.

En revanche, dans la même prise de parole de la commission, des mesures plus radicales ont été prises envers Devumi, une société qui vendait des faux fans et des faux avis. Son fondateur, German Calas, a été condamné à une amende de 250 000 dollars (225 000 euros). L’entreprise n’accepte d’ailleurs plus aucun nouveau client, il semblerait que cette décision ait signé l’arrêt de son exercice.

Message présenté sur le site de l'agence Devumi précisant qu'ils n'acceptent plus de nouveaux clients

Message présenté sur le site web de Devumi. Source : Devumi.