Jeudi 17 octobre au soir, Mark Zuckerberg a pris la parole dans le magnifique amphithéâtre de la prestigieuse Université de Georgetown. Sous une pression politique inédite, le PDG de Facebook a tenu à défendre sa vision de la liberté d’expression.

Un Zuckerberg agressif et déterminé

Mark Zuckerberg est également attendu par les membres de la Chambre des représentants, le 23 octobre, dans le cadre d’une audience intitulée “An examination of facebook and its impact on the financial services and housing sectors“. Le patron de Facebook s’exprimera notamment sur les tenants et les aboutissants de la Libra, mais aussi sur le comportement de Facebook, jugé anticoncurrentiel par les autorités américaines. Avant cela, Zuckerberg a tenu à montrer au monde entier que Facebook était une plateforme de “liberté” : ce même mot a été employé 38 fois durant son discours.

Facebook est accusé de fermer les yeux quant aux publicités politiques mensongères. Les régulateurs s’inquiètent notamment de la campagne pour l’élection présidentielle américaine de 2020 qui arrive. Lors de son discours devant plusieurs centaines de jeunes étudiants, Zuckerberg s’est montré agressif, sur ses gardes. Il a notamment expliqué que : “le fait que nous puissions tous nous exprimer avec une telle puissance est une nouvelle force dans le monde, un cinquième pouvoir, à côté des autres, qui structure notre société. Nous n’avons plus besoin de nous appuyer sur les gardiens habituels, en politique ou dans les médias, pour nous faire entendre, et cela à des conséquences importantes“.

En mai, Facebook annonçait de nouvelles mesures pour lutter contre la désinformation en période électorale. Le réseau social tente réellement de faire des efforts (du moins en apparence) pour éviter une nouvelle polémique. La mention “payé par” s’affichera à chaque fois sur une publication sponsorisée, en période électorale. Vous saurez (théoriquement) si la Russie se cache derrière une publicité qui apparaît sur votre fil d’actualités. Lors de son discours du 17 octobre, Zuckerberg a appuyé cette décision en précisant que : “je comprends les inquiétudes sur le pouvoir centralisé des plateformes en ligne, mais je pense que le plus important est que ces plateformes décentralisent ce pouvoir en le redonnant directement à leurs utilisateurs“.

Facebook : le défenseur de la démocratie dans le monde ?

Le patron de Facebook a également abordé la question de la concurrence chinoise avec la montée en puissance de nombreuses applications comme TikTok ou WeChat, très utilisées en Chine. Mark Zuckerberg a tenté de positionner Facebook comme un véritable défenseur de la démocratie dans un contexte où la Chine devient au fil des mesures sécuritaires, un pays de plus en plus strict.

Il précise que : “il y a dix ans, presque tous les géants du Web étaient Américains. Aujourd’hui, 6 des 10 premières plateformes en ligne dans le monde sont Chinoises. C’est aussi le cas sur les réseaux sociaux. Alors que WhatsApp est utilisée par des manifestants et des militants du monde entier, sur TikTok, les mentions de ces manifestations sont censurées, y compris pour les utilisateurs aux États-Unis. Est-ce vraiment l’Internet que nous souhaitons ?“.

Logiquement, le discours du patron de Facebook n’a pas convaincu ses opposants. Elizabeth Warren, candidate à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2020 fait partie de ces personnalités qui mettent en garde les utilisateurs de Facebook. Depuis plusieurs mois, celle qui est considérée comme étant “très à gauche” aux États-Unis, a fait part de ses inquiétudes et de la nécessité selon elle de démanteler des groupes comme Facebook, Google, ou Amazon, jugés trop puissants. Si elle était élue, la candidate entend même adopter une loi qui exigerait que ces géants numériques soient considérés comme des “plateformes utilitaires”.