Malgré l’évolution des réglementations et la vigilance des réseaux sociaux, l’histoire se répète. Le 9 octobre, une tuerie a eu lieu devant une synagogue dans la ville de Halle en Allemagne. Au cours de cette tuerie, deux personnes ont été tuées. CNBC rapporte qu’une vidéo de 35 minutes a été diffusée en direct sur Twitch et 2 200 personnes ont pu la visionner.

Twitch est sur le pied de guerre

Dans l’Est de l’Allemagne, une tuerie a eu lieu hier et a fait au moins 2 blessés graves et 2 morts. L’auteur de l’attentat a diffusé son attaque en direct sur Twitch, une plateforme qui appartient à Amazon. 5 personnes ont pu y assister en direct et en tout la vidéo a cumulé 2 200 vues. Toutefois, le réseau social indique que la vidéo a ensuite été partagée “de manière coordonnée” par le biais de messageries tierces. Il est donc difficile de dire combien de personnes ont réellement pu la voir.

Un porte-parole de Twitch a expliqué hier soir que : “nous sommes choqués et attristés par la tragédie qui s’est produite aujourd’hui en Allemagne, et nos plus sincères condoléances vont à tous ceux qui ont été touchés. Twitch a une politique de tolérance zéro envers les comportements haineux, et tout acte de violence est pris très au sérieux. Nous travaillons en urgence pour supprimer ce contenu et suspendre de façon permanente tout compte qui afficherait ou publierait du contenu de cet acte odieux.”

Cette histoire nous rappelle forcément la tuerie de mars dernier à Christchurch en Nouvelle-Zélande. Lors des faits, Facebook avait dû supprimer 1,5 million de contenus reprenant des images ou la totalité de la vidéo. Les réseaux sociaux avaient dû mener un combat de longue haleine pour venir à bout de cette triste viralité. Lors de cette opération de suppression, Facebook précisait que les vidéos n’étaient pas seulement des aperçus du carnage, on pouvait aussi entrevoir de nombreux éloges pour cet acte terroriste.

D’après NBC News, la vidéo publiée en direct sur Twitch montrait le tireur se garant près de la synagogue et tirant sur une femme avant d’entrer dans la cage d’escalier d’un bâtiment. Il n’aurait pas réussi à entrer dans la synagogue. La vidéo a également été partagée sur Telegram. En effet, NBC News dénombre 10 canaux de discussions administrés par des groupes de suprémacistes blancs.

L’évolution des réglementations est-elle suffisante ?

En Australie, suite à la tuerie de masse de Christchurch, une loi a été votée pour sanctionner les réseaux sociaux qui laisseraient traîner des contenus de ce genre. Intitulée “Sharing of Abhorrent Violent Material Bill” cette nouvelle loi veut précisément éviter ce qu’il s’est passé en Nouvelle-Zélande au début du mois de mars dernier. D’après les géants du web, cette loi ne sera pas efficace. Concrètement, si la plateforme n’enlève pas les contenus violents à temps, elle pourrait se voir infliger une amende allant jusqu’à 10 % de son bénéfice annuel.

Sunita Bose, directrice générale du Digital Industry Group, qui représente Facebook, Google, Twitter, Amazon et Verizon en Australie, a déclaré cela au New York Times que : “cette loi a été conçue et adoptée en cinq jours sans aucune consultation significative. Malheureusement, elle ne fait rien pour lutter contre les discours de haine. Avec l’énorme volume de contenu téléchargé sur Internet chaque seconde, il s’agit d’un problème très complexe. Les législateurs se sont précipités”.

Malheureusement, les réseaux sociaux doivent s’attendre à être confrontés de façon plus régulière à ce genre de situation. Facebook a d’ores et déjà entrepris des mesures pour tenter de lutter contre les signes, même les plus infimes, d’admiration au terrorisme ou à des mouvances proches :150 personnes ont été engagées pour lutter contre le terrorisme. Chacun des réseaux sociaux devra désormais adopter des mesures similaires pour éviter de devoir gérer ce genre de crise.