GjejZâ : l'app qui veut protéger les femmes des violences conjugales
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GjejZâ : l’app qui veut protéger les femmes des violences conjugales

Cette application a été développée par trois jeunes albanaises conscientes qu'une femme sur deux est victime de violences domestiques dans leur pays...

Elles s’appellent Arla Hoxha, Dea Rrozhani et Jonada Shukarasi. Ces 3 jeunes femmes albanaises âgées de 16 ans viennent de mettre au point une application pour aider les femmes victimes de violences conjugales. Avec GjejZâ, ces jeunes entrepreneuses s’attaquent à un problème de taille. En effet, en 2018, 1 femme sur 2 était victime de violences conjugales en Albanie…

L’Albanie est gangrenée par ce fléau

Les 3 jeunes femmes viennent de remporter un concours international pour filles aux États-Unis, le Technovation. Elles décident de lancer GjejZâ pour offrir un soutien psychologique aux femmes victimes de violences domestiques. Jonada Shukarasi, co-fondatrice du projet, explique que : « la violence faite aux femmes est un énorme problème en Albanie et c’est un phénomène qui nous affecte aussi en tant qu’adolescentes car nous en percevons les premiers stades dans nos familles ou chez nos amis ».

Le problème est que seulement 4 000 cas sont signalés chaque année dans le pays. Un nouveau rapport de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) révèle que 90% des albanaises considèrent que la violence à leur égard est courante en Albanie. Toujours d’après l’OSCE, 97 % des victimes de violence ne signaleraient jamais les faits à la police.

Comment fonctionne GjejZâ ?

Pour aider les femmes à s’en sortir, les co-fondatrices de cette application ont appris à coder elles-mêmes et ont réussi à créer leur propre application grâce à un programme de sensibilisation géré par l’ambassade des États-Unis à Tirana. GjejZâ signifie en français « trouvez votre voix ». C’est clairement le message que veulent faire passer les fondatrices de ce projet.

Elles précisent que : « GjejZâ doit aider les femmes à lutter contre la violence sexiste en 3 étapes : la première consiste à identifier les faits. La seconde étape permet de responsabiliser la femme victime de violences et la troisième l’incite à agir en dénonçant les faits ». Les utilisatrices doivent répondre à une série de questions qui les aident à déterminer si elles sont réellement victimes de violences conjugales.

La portée de l’application est assez dingue : elle permet aux utilisatrices de profiter d’exercices de respiration ou de méditation mais va aussi beaucoup plus loin en mettant les femmes directement en contact avec des représentants de l’État dans la ville où elles se trouvent. GjejZâ propose également des conseils sur les comportements à adopter. Bref, une innovation qui a du sens.

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