Facebook est pris en étau. D’un côté le réseau social tente d’apporter plus de sécurité à ses utilisateurs en protégeant leurs conversations privées, de l’autre les autorités américaines lui demandent de laisser tomber le chiffrement de bout en bout. Les conversations WhatsApp sont notamment dans le viseur des autorités américaines.

Les USA réclament une porte dérobée pour la justice

Le procureur général William Barr a dit qu’il s’opposerait une fois de plus au chiffrement de bout en bout des conversations WhatsApp. Il demande à Facebook de laisser une possibilité à la justice et aux forces de l’ordre, de pouvoir décrypter des messages dans le cadre d’une enquête sur des terroristes, des pédophiles ou d’autres criminels. En somme, les USA réclament une porte dérobée. Avec ses homologues du Royaume-Uni et de l’Australie, le procureur général a publié une lettre ouverte allant dans ce sens.

Dans cette lettre, les autorités de régulation demandent à Facebook : “de ne pas poursuivre son plan de chiffrement de bout en bout sans s’assurer qu’il n’y aura aucun recul pour la sécurité des utilisateurs et sans fournir un accès, autorisé par les tribunaux, au contenu des communications afin de protéger le public, et en particulier les jeunes enfants”. Voilà plus d’une décennie que le ministère américain de la Justice averti que le chiffrement de bout en bout pourrait entraver sa capacité à combattre ses ennemis et à mener des enquêtes criminelles.

Protéger la vie privée ou satisfaire la justice ?

Il y a quelques mois, Mark Zuckerberg a déclaré que son entreprise s’apprêtait à prendre un virage majeur pour améliorer la protection de la vie privée de ses utilisateurs. Aujourd’hui, le chiffrement des conversations WhatsApp rend impossible le décryptage des messages par Facebook lui-même, ou tout autre tiers, autre que l’expéditeur et le destinataire. Pour que Facebook puisse se conformer à la demande du procureur général William Barr, il faudrait que l’application soit totalement repensée… De quoi donner des maux de tête aux équipes de Facebook.

William Barr et ses homologues précisent que : “les réseaux sociaux ne devraient pas concevoir leurs systèmes de manière à empêcher toute forme d’accès au contenu. Cela met véritablement nos citoyens et nos sociétés en danger. Des contenus et des activités illicites, tels que l’exploitation et les abus sexuels concernant des enfants ou encore le terrorisme. Nous demandons à Facebook de revoir rapidement la conception du chiffrement de bout en bout”.