Les géants Facebook et YouTube ont ajouté des fonctionnalités à leurs vidéos au fur et à mesure que le trafic augmentait, il semble donc logique pour un moteur de recherche en plein développement de faire de même. C’est le cas de Yandex, qui s’apprête à proposer un nouveau service vidéo, en permettant à ses utilisateurs de publier du contenu.

Un développement national

Yandex suit le mouvement de Toutiao, société appartenant à ByteDance. Toutiao possède des chaines vidéos sur lesquelles les blogueurs peuvent télécharger du contenu. Le serveur dispose également d’un algorithme pour recommander ces contenus aux utilisateurs.

Yandex Zen qui choisit les contenus en fonction des préférences des utilisateurs autorisera les blogueurs à publier des vidéos de 15 minutes. En testant ces nouveaux services, la popularité des vidéos produites a déjà dépassé les autres contenus. Yandex Zen compte désormais au total 20 millions de vues par jour, tandis que jusqu’ici,l’audience se limitait à 11 millions d’utilisateurs par jour. Plus de la moitié des russes regarde les vidéos disponibles sur Yandex, même si la plateforme reste à la troisième place pour ce service, derrière YouTube et VKontakte, d’après un rapport de Deloitte.

Toutefois, le géant russe est le moteur de recherche le plus utilisé en Russie, et il ne cesse de grandir tandis qu’il détient déjà 56% du marché. En effet Google peine à s’installer dans le pays pour des raisons sociopolitiques, semble-t-il, et langagières. le géant américain ayant du mal à s’adapter aux nuances de la langue russe.

Si la plus grande part de revenus du groupe reste la publicité en ligne, il ne cesse cependant de se diversifier. L’an dernier, c’était le lancement d’un smartphone, tandis qu’il y a quelques mois, la société rachetait la propriété intellectuelle et les centres d’appels en Russie de Vezet. Le groupe avait également auparavant développé des cartes et des aides à la navigation, et créé un partenariat avec Renault-Nissan-Avtovaz pour que les véhicules soient équipés de Yandex.Auto, et de l’assistante vocale du serveur : Alice. La société occupe également le secteur de l’e-commerce avec Yandex.Market, en s’alliant avec la première banque russe Sberbank.

En bourse depuis 2011, le groupe ne cesse de développer ses activités, et d’asseoir sa stabilité face aux géants numériques occidentaux. Petite ombre au tableau néanmoins, la gestion des données personnelles. Disposant d’un grand nombre d’informations sur les citoyens russes et leurs habitudes, le groupe est régulièrement soupçonné de relayer ces données aux services de renseignement russes. Ainsi lorsqu’au mois d’août Yandex annonçait que la reconnaissance faciale allait être utilisée pour surveiller le niveau de fatigue des taxis, certains s’interrogeaient sur le futur traitement des données.

Entre désir de relocalisation des données des citoyens russes, et régulation des contenus, la Russie a montré qu’elle souhaitait contrôler internet. En outre, la loi permettant la mise en place d’un “internet souverain” permettant non seulement de contrôler les contenus, mais aussi les infrastructures, vient concrétiser ce souhait. Avec un poste de commandement unique, les autorités russes pourront gérer le flux d’informations dans le cyberespace russe, incluant la surveillance, et la limitation de ces flux. Cette loi permettra principalement le routage internet et le contrôle du système de noms de domaine (DNS).

Si cette loi a suscité de nombreux soulèvements, il n’empêche qu’elle sera mise en vigueur le 1er décembre prochain. Et si la Russie veut tirer profit de celle-ci, il lui faut bien sûr continuer le développement d’un moteur de recherche comme Yandex, favorisant ainsi un trafic interne et facilitant le contrôle national.