Les robots Kiwibots étaient pilotés par des colombiens sous-payés
Technologie

Les robots Kiwibots étaient pilotés par des colombiens sous-payés

La Start-up Kiwi Campus utilise des pilotes colombiens pour économiser sur le téléguidage de ses robots-livreurs 

Des robots-livreurs, appelés « Kiwibots » et utilisés sur le campus de l’Université de Berkeley en Californie, fonctionnent en réalité grâce à l’intervention d’un téléguidage mené depuis la Colombie, et à moindre coût.

Des robots-livreurs pas tout à fait autonomes

Amusez-vous à développer un petit robot au design sympathique qui viendra livrer des burritos, prenez soin de lui donner un nom tout aussi sympathique, « Kiwibots », et mettez-le en circulation dans un campus d’université. Vous en ferez très rapidement la mascotte des étudiants. Ce fût le cas pour Berkeley, aux États-Unis.

Oui, mais voilà, pour éviter que les petits robots ne créent quelques accidents, la Start up Kiwi Campus a trouvé une solution toute simple, une solution humaine… enfin presque.

Pour éviter aux robots de venir heurter les étudiants sur les trottoirs, la Start up a mis en place un système de pilotage par des opérateurs. Or ces opérateurs ne sont autres que des travailleurs situés en Colombie, dont le salaire ne dépasse pas les 2 dollars de l’heure. Un montant à peine plus élevé que le salaire minimum à Bogota.

Des robots pas tout à fait autonomes, donc, puisque pilotés par des humains, et pas tout à fait au service de l’homme, puisque nécessitant d’en exploiter certains en les payant au lance-pierre. On n’arrête pas le progrès. Précisons qu’un pilote peut diriger trois robots à la fois. De quoi permettre à l’entreprise d’obtenir une bonne rentabilité…

Difficile donc d’utiliser les robots à bon escient. Si ceux-ci peuvent en effet éviter des tâches lourdes, fatigantes et répétitives, et qu’il serait bien dommage de ne pas les utiliser dans ce sens, il semble également bien compliqué de ne pas voir se mettre en place une perversité soumise à un système de pur profit, où la condition humaine n’est pas tant respectée. Il revient donc aux entreprises, et aux garants de la loi du travail de veiller à la manière dont l’intelligence artificielle peut être correctement exploitée.

Par ailleurs, il semblerait que l’utilisation des robots nécessite forcément une intervention humaine (ici, que ce soit à la livraison, comme au moment de les téléguider), et qu’il faudrait tout simplement veiller à faire entrer cela dans une grille de salaires respectable.

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